Les « fake news » nous polluent.

, par Michel DECAYEUX

Le Parisien jeudi 27 décembre 2018

2018 a été marqué par un nombre incroyable de fausses nouvelles, notamment depuis l’émergence des Gilets Jaunes. Explication d’un phénomène qui ne cesse de gagner du terrain.

L’esprit de l’homme est ainsi fait que le mensonge a cent fois plus de prise sur lui que la vérité « Cette phrase du philosophe Erasme, date du XV i »me siècle, fait étrangement écho à la situation que nous rencontrons actuellement.

L’année 2018 à en effet été marquée par une influence croissante des « infox » terme validé par l’Académie Française, ou « fake News » selon l’expression popularisée par le Président des Etats unis Donald Trump. Le phénomène n’est pas nouveau. Ce qui l’est en revanche, c’est l’audience des réseaux sociaux apportant à l’« infox », cousine de la rumeur, et sœur du complot une popularité inédite « sans que les gens soient préparés à cela.

Plus de 4 milliards de contenus sont ^partagés chaque jour sur les réseaux sociaux, mêlant sans distinction info et intox.

Les « fake news. » sont donc plus nombreuses, soit, mais pourquoi tant de personnes sont elles promptes à les prendre pour argent comptant ? Pourquoi sont-elles si « séduisantes » ? C’est quelque chose qui nous attire qui emprunte à la rhétorique de la croyance religieuse. C’est une variante contemporaine. C’est forcément une puissance supérieure qui en est à l’origine. Cette dimension mystérieuse fascine. Elles ont beau être démenties on continue d’y croire car la croyance n’est pas l’analyse rationnelle. Et puis c’est rassurant aussi, ces croyances « clés en main » qui ne nécessitent pas d’efforts

Des fausses infos plus séduisantes que les vraies.

Bertrand Russel (1872-1970) mathématicien et philosophe disait : « L’ennui dans ce monde c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes » Il faut donc éduquer les gens à l’esprit critique dans cet environnement numérique. D’autant que les fausses nouvelles tendent à se propager beaucoup plus rapidement que les vraies sur twitter ou consort. Révèle une récente étude du Massachusetts Institute of Technology. Des « infox » qui émergent surtout en climat d’instabilité comme celui qui a vu naître le mouvement des gilets jaunes par exemple. Son évolution n’a pas été exempte de « fake news ». Ces fausses informations (montage photos, copies événements antérieurs etc. ont d’autant plus d’emprise qu’une partie des gilets jaunes accordent peu de crédit aux médias traditionnels Cette défiance en conduit beaucoup à faire confiance aux contenus circulant sur les réseaux sociaux pour s’informer.

C’est d’ailleurs un encouragement pour les « manipulateurs de tout poil » à fabriquer des « informations » et finalement à être bel et bien manipulés. Internet est un accélérateur de ces « infox » dont il est difficile d’identifier la provenance. Fake News et autres Infox : Les mots. Détourner des images bien réelles pour donner un nouveau sens, faire un autre récit d’un événement historique ou d’une actualité récente, voire les nier, c’est la définition que l’on peut donner aux « fakes News » (« fausses nouvelles ») popularisées Par Trump

. En France, en octobre, la Commission d’enrichissement de la langue française a tranché, après plusieurs mois de réflexion, pour traduire cet anglicisme. Hésitant, entre « information fallacieuse » et le néologisme « infox », forgé à partir des mots « information » et « intoxication », c’est le second qui a été choisi.

Chargée de franciser certains termes avec des experts et des représentants de l’Académie Française, la commission a donc créé ce nouveau mot, qui va désormais s’imposer à toutes les autorités administratives