Depuis 4 siècle toujours le même dilemme financier pour ceux qui nous gouvernent !

, par Michel DECAYEUX

Voici un échange sur les finances du royaume de France qu’auraient éventuellement eu Colbert et Mazarin sous le règne de Louis XIV. Conversation qui n’a pas pris une seule ride quatre siécle plus tard !!!

Colbert : « Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou

Mazarin : « Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça. »

Colbert : « Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ? »

Mazarin : « On en crée d’autres. »

Colbert : « Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà. »

Mazarin  : « Oui, c’est vrai, c’est impossible ! »

Colbert : « Alors, les riches ? »

Mazarin  : « Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres ! »

Colbert : « Mais alors, comment fait-on ? »

Mazarin : « Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des honnêtes citoyens qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là… plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser ; c’est un réservoir inépuisable. »

Extrait du "Diable Rouge"> …Pièce de théâtre (écrite par Antoine Rault et publiée le 01 août 2008) qui retrace les derniers mois de la vie de Mazarin décédé en 1661, principal ministre du jeune roi Louis XIV, protecteur de Colbert qui deviendra contrôleur général des finances (1665-1683).