Carburants : Edouard Philippe annonce 500 millions d’euros d’aides supplémentaires

, par Michel DECAYEUX

AFP

Le Premier ministre annonce une « surprime » à la conversion automobile pour les plus modestes ainsi que l’extension du dispositif d’augmentation du chèque énergie.

On ne va pas annuler la taxe carbone », a affirmé Edouard Philippe lors d’une interview sur RTL, mercredi. Afin de justifier le maintien des hausses de la fiscalité sur les carburants prévues en 2019, le Premier ministre a évoqué l’objectif de lutter contre les gaz à effet de serre et la pollution. Pour calmer la grogne des « gilets jaunes » qui doit se traduire samedi 17 novembre par des manifestations et des blocages, Edouard Philippe a dévoilé plusieurs mesures. Au total, le plan est de 500 millions d’euros et les mesures seront effectives au 1er janvier 2019.

Le Premier ministre a précisé sur RTL qu’une surprime à la conversion automobile serait mise en œuvre pour les 20 % des Français les plus modestes pour les aider à acheter un véhicule plus « propre ». L’aide pourra ainsi atteindre 4 000 euros contre 2 000 avec la prime à la conversion classique, a-t-il ajouté, et le gouvernement vise désormais un million de ces primes distribuées sur le quinquennat contre 500 000 auparavant. D’ores et déjà 280 000 primes à la conversion « classiques » ont été versées, a-t-il souligné.

Chaudières au fioul. Par ailleurs, un élargissement du dispositif des indemnités kilométriques permettra de soutenir les Français qui utilisent beaucoup leur automobile, notamment les petites cylindrées, a ajouté Edouard Philippe, évoquant le chiffre de 60 à 70 kilomètres parcourus par jour. Le chèque carburant, versé par la région Hauts-de-France notamment, sera défiscalisé. Enfin, le « chèque énergie » sera augmenté de 50 euros comme prévu (il est actuellement de 150 euros) et pourra désormais concerner 5,6 millions de Français (contre 3,6 millions actuellement), et la prime à la conversion des chaudières sera améliorée avec l’objectif de faire disparaître les chaudières au fioul d’ici dix ans. Des bonnets rouges aux gilets jaunes, une colère noire menace à nouveau l’exécutif sur la question fiscale Mouvement auquel aucune centrale n’a appelé à participer, tous comme les principaux partis d’opposition qui soutiennent toutefois la contestation.