Salaire : les patrons du CAC 40 ont touché plus de 5 millions d’euros en moyenne en 2017

, par Michel DECAYEUX

24/10/2018,La Tribune

La rémunération totale d’un patron du CAC 40 a progressé, en moyenne, de 14% en 2017, rapporte l’étude publiée, ce mercredi, par Proxinvest. Une première depuis dix ans.

Toujours plus haut. La rémunération des grands patrons français du CAC 40, l’indice phare des 40 valeurs vedettes de la bourse de Paris, a bondi de 14% en 2017 par rapport à 2016. Leur salaire moyen l’an dernier, en moyenne, était de plus de 5 millions d’euros (5,1 millions d’euros), rapporte une étude annuelle publiée ce mercredi par le cabinet Proxinvest spécialisé dans l’analyse de gouvernance et de politique de vote.

C’est la première fois en dix ans que l’augmentation des salaires des patrons du CAC 40 franchit ce seuil.

Même son de cloche du côté du SBF 120 - qui regroupe les 120 plus grandes entreprises de la cote parisienne - où un nouveau record a été établit avec une hausse de salaire de 10% soit une rémunération moyenne de 3,8 millions d’euros en 2017 pour les patrons des sociétés cotées dans cet indice, selon Proxinvest.

Aucune justification à la hausse salariale des patrons

Pour Proxinvest, cabinet de conseil aux investisseurs qui fixe la "rémunération maximale socialement acceptable" à 240 SMIC (4,87 millions d’euros), 29 PDG de l’indice phare de la Bourse de Paris dépassent désormais cette limite, contre 23 en 2016. Le cabinet dénonce "une absence de justification de l’ampleur des hausses de 14% en 2017 et de 22% sur la période 2013-2017 pour le CAC 40, tant vis-à-vis de la surperformance actionnariale créée pour les actionnaires que vis-à-vis de l’évolution de la rémunération moyenne de leurs propres salariés".

Le patron de Dassault Systèmes, Bernard Charlès, figure en tête de ce classement avec une rémunération totale estimée "à 24,6 millions grâce à une très généreuse attribution gratuite d’actions de performance", assure le cabinet. Selon ce classement, la deuxième place revient à Gilles Gobin, gérant de Rubis, groupe français de stockage et de distribution d’hydrocarbures, avec 21,1 millions d’euros et la troisième au patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, à 13 millions.