Vacances scolaires : 15 jours à la Toussaint, est-ce trop ?

, par Michel DECAYEUX

19 octobre 2017 Le parisien

Les congés d’automne pourraient être raccourcis. C’est en tout cas une piste avancée par le ministre de l’Education. Une concertation va être lancée.

Bye-bye tableaux noirs et cours de récré, place aux vacances de la Toussaint. Vendredi, la cloche sonnera une dernière fois avant deux semaines de silence. « J’ai hâte », savoure déjà Salomé, une collégienne de Seine-et-Marne.

Comme elle, douze millions d’élèves vont pouvoir profiter de ces premiers congés de l’année. Une pause qui pourrait toutefois avoir un goût particulier. Beaucoup l’ignorent mais ces vacances d’automne, qui avaient fait polémique l’an dernier car elles débutaient un mercredi et s’étalaient donc sur trois semaines, sont à nouveau dans le viseur. Fin août, au détour d’une interview, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, les a jugées « trop longues ». Elles seraient même, selon lui, un facteur de « décrochage ».

Une réflexion sur « les temps de l’enfant » Ces propos font bondir dans le monde de l’enseignement. « En 2012, quand les vacances de la Toussaint sont passées de dix à quinze jours, ça a été l’aboutissement d’une revendication portée depuis de nombreuses années : avoir une alternance tout au long de l’année d’environ sept semaines de cours et deux semaines de repos, rappelle Stéphane Crochet, le secrétaire général du syndicat SE-Unsa. Les chronobiologistes étaient alors à peu près unanimes sur ce point : quinze jours, c’est la durée nécessaire pour une vraie récupération. » « C’est le choix de la facilité. Jean-Michel Blanquer s’attaque aux vacances qui intéressent le moins l’industrie du tourisme », embraye Francette Popineau, la porte-parole du Snuipp-FSU, le principal syndicat d’instituteurs.

Dans l’entourage du ministre, on tente de déminer : « Rien n’est arrêté. Il ne s’agit que d’une piste. La réflexion sur la durée des vacances va s’inscrire dans le cadre plus large d’une grande concertation qui doit être lancée prochainement sur les temps de l’enfant. » Menée avec plusieurs autres ministères (Santé, Sports...), elle portera aussi bien sur le calendrier de l’année que sur le rythme quotidien et hebdomadaire. Parmi les objectifs, sortir de ce double constat : la France est un des pays avec le moins de jours d’école par an mais aussi celui où les journées sont parmi les plus chargées. L’idée de raccourcir les congés de la Toussaint n’a pas que des détracteurs. « Ces vacances interviennent après deux mois de coupure estivale et alors que pour les plus jeunes enfants, il y a eu une longue période de remise en route », rappelle la chercheuse Claire Leconte, dont la voix détonne un peu chez les chronobiologistes. Pour cette universitaire, le problème tient aussi à ce que font les enfants pendant ces deux semaines de vacances. « Souvent, les parents leur permettent de veiller, alors qu’il faudrait garder la même heure de coucher et de lever. Du coup, ils ne reprennent pas vraiment reposés et, donc, dans de mauvaises dispositions pour apprendre, constate-t- elle. C’est d’autant plus regrettable que nous sommes le seul pays au monde à avoir quatre fois deux semaines de congé dans l’année. »