de la droite pour rogner le pouvoir des syndicats

, par Michel DECAYEUX

Juppé, Fillon, Copé, Sarkozy, Le Maire, NKM… Tous les candidats à la primaire - proposent une réforme profonde et inédite du paritarisme.

30/10/20 Fig. Eco.

Tous les candidats à la primaire de la droite et du centre proposent, dans leur programme présidentiel, de revoir drastiquement la place des partenaires sociaux, et en premier lieu des syndicats, dans l’économie.

Une vraie révolution, que ce soit sur l’assurance-chômage - que Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire envisagent de renationaliser pour mieux instaurer la dégressivité des allocations - ou sur les accords d’entreprise - que François Fillon et Alain Juppé veulent promouvoir à côté des référendums de salariés.

Pour tous les prétendants à la fonction présidentielle, les centrales syndicales sont aujourd’hui beaucoup trop politisées et sont devenues, au fil du temps, « des bloqueurs de réforme ». À commencer par la CGT et FO qui ont multiplié au printemps les appels à la grève et à la mobilisation contre une loi El Khomri qui avait pourtant énormément perdu de son ambition depuis sa présentation initiale en février.

LES 5 MESURES COMMUNES AUX CANDIDATS A LA PRIMAIRE DE LA DROITE ET DU CENTRE • Unedic Rendre les allocations-chômage dégressives dans le temps, après 6 mois pour Bruno Le Maire ou un an pour Nicolas Sarkozy et Alain Juppé • Organisation Simplifier les multiples strates de représentation dans l’entreprise, notamment en allant vers la délégation unique du personnel • Démocratie Développer les référendums d’entreprise, pour demander aux salariés leur avis sur un projet de la direction et imposer leur choix aux syndicats maison • Subsidiarité Développer les référendums d’entreprise, pour demander aux salariés leur avis sur un projet de la direction et imposer leur choix aux syndicats maison • Terrain Développer les référendums d’entreprise, pour demander aux salariés leur avis sur un projet de la direction et imposer leur choix aux syndicats maison

LES PROPOSITIONS PHARES QUI DISTINGUENT LES 4 FAVORIS • François Fillon L’ex-premier ministre veut plafonner le montant des allocations chômage à 75 % du salaire de référence • Alain Juppé L’actuel favori des sondages entend limiter à deux le nombre de mandats syndicaux dans l’entreprise pour favoriser le renouvellement des élus du personnel • Bruno Le Maire Le candidat du « renouveau » propose de créer une instance unique de personnel dans les entreprises de plus de 10 salariés • Nicolas Sarkozy Le candidat propose aussi de créer une instance unique de personnel dans les entreprises de plus de 10 salariés

Commentaires : Il est vrai lorsque l’on entend, lorsque l’on voit, tant dans les meetings, que sur les réseaux sociaux, des commentaires tels : « Supprimer les Syndicats véritable fléau de l’économie, responsable en grande partie des délocalisations, supprimer Le code du travail qui est trop laxiste avec la main d’œuvre ! Pour relancer la Croissance revenons au 45h payer 30 supprimons aussi les congés payés véritable hérésie de notre civilisation.baissons le SMIC à 800 euros, un Smicard coûte cher et ne rapporte rien » tenus par les « fans club » d’un certain nombre de candidats de droite comme de gauche à la présidentielle voir les extrêmes, on n’est pas surpris de leur programme dit « social », que d’autres appelleront « programme antisocial » que l’on pourrait aussi énoncer comme « manuel de retour à l’esclavage ».

Est-ce qu’une nouvelle forme d’autoritarisme se profile ? Est-ce qu’une nouvelle forme de sectarisme, de dictature se dessine à l’horizon ? tout cela sous des airs, de promesses d’une société plus ouverte, plus libre et soi-disant plus démocratique avec des outils tels le référendum national mais aussi dans les entreprises, les ordonnances et bien sûr le 493 qui a permis ces derniers mois au gouvernement dit de « gauche »de détruire pour grande part le code du travail et les conventions collectives avec l’assentiment de pseudo syndicalistes tels : la CFDT, la CFTC, l’UNSA. Ceux qui se frottent les mains et se réjouissent de la mise en place de ces mesures antisociales déjà réalisées ou envisagées ceux sont les patrons.

Plus que jamais les salariés doivent faire confiance à ceux qui les ont toujours défendus et qui continuent à les défendre réellement en dehors de toutes considérations politiques, philosophiques religieuses ou patronales, ceux qui représentent le syndicalisme authentique tel que le perpétue FO. Aider ce syndicalisme, notamment lors des scrutins et consultations électorales (prochainement dans les TPE-PME), c’est se donner les moyens de résister aux attaques politico-économiques et patronales, c’est se donner les moyens de sauvegarder les bases de sa condition sociale et celle de sa famille (Sécurité Sociale, allocations familiales, retraites, assurance chômage etc.)