Jean Claude Mailly invité des échos

, par Michel DECAYEUX

| 28/09/2016

Assurance-chômage : "on ne peut pas accepter une réduction des droits des … Après l’échec des discussions entre les syndicats avant l’été sur l’assurance-chômage, Jean-Claude Mailly reconnaît ne "pas avoir d’espoir de voir une négociation qui aboutisse". Et de renvoyer la balle du côté du Medef : "Pierre Gattaz veut bien rediscuter mais dans les mêmes conditions qu’avant l’été, donc ça ne marchera pas".

Autre question : "Le gouvernement voudra-t-il prendre des initiatives ?

Si j’ai bien compris, l’un des objectifs du gouvernement ce sont les 500 000 chômeurs à former". Il faudra donc trouver de l’argent pour pérenniser cette mesure, estime Jean-Claude Mailly. Dans le cadre de ces échanges, "j’ai prévenu le gouvernement qu’on ne peut pas accepter aujourd’hui une réduction des droits pour les salariés ou les demandeurs d’emplois, l’équation est donc tout de même difficile".

Loi travail : les 3 angles d’attaque juridiques de Force ouvrière

Aucune nouvelle manifestation n’est prévue à court terme contre la Loi travail. Pourtant, Force ouvrière veut continuer de faire pression sur le gouvernement sur le volet juridique avec trois angles d’attaque. Tout d’abord, "les questions prioritaires de constitutionnalité - il faut que nous attendions que le décret soit sorti car c’est la procédure pour passer par le Conseil d’Etat, nous surveillons donc la publications des décrets", explique Jean-Claude Mailly. Second volet, "des problèmes de conformité par rapport à certaines directives européennes, que nous affinons actuellement". Et enfin, "il y a aussi des problèmes par rapport à certaines conventions internationales du droit du travail", selon J-C. Mailly. Jean-Claude Mailly (FO) craint d’autres plans sociaux dans les entreprises Alors que la situation reste encore incertaine pour Alstom et son usine de Belfort,

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, craint que des plans sociaux soient dans les tuyaux d’autres entreprises.

La question étant de aussi savoir s’ils seront gelés le temps de l’élection présidentielle. « On ne peut pas dire qu’il y a une recrudescence importante, mais il y a une habitude de calme pendant la campagne présidentielle, ou de report, et je ne suis pas certain que nous allons assister à cela ». Dans le cas d’Alstom, J-C. Mailly appelle le gouvernement à maintenir la filière ferroviaire et à l’aider jusqu’en 2022, année à laquelle est prévue le « TGV du futur » dont beaucoup espèrent qu’il relancera le secteur. « Il appartient aussi au président d’Alstom de prendre ses responsabilités, c’est à lui de faire les annonces », estime-t-il. Par ailleurs, alors que les syndicats ont tenté de remobiliser les opposants à la Loi travail à la rentrée, Force ouvrière entend poursuivre le combat sur le terrain juridique, en prévoyant notamment de faire appel au Conseil d’Etat sur des questions prioritaires de constitutionnalité.

Jean-Claude Mailly évoque également des « problèmes par rapport à certaines conventions internationales du droit du travail ». Lors de l’interview, Jean-Claude Mailly revient aussi sur les négociations au sujet de l’assurance-chômage, alors que les syndicats ne sont pas parvenus à un accord avant l’été, ainsi que sur les prochaines élections professionnelles qui se tiendront fin novembre dans les petites et moyennes entreprises.

Présidentielle : « J’entends souvent "Qu’est-ce que cela va changer" » … Alors que la campagne pour l’élection présidentielle s’intensifie depuis la rentrée, avec les primaires de la droite et de la gauche, Jean-Claude Mailly estime que « le climat n’est pas bon ». « Je ne sens pas les salariés entrer dans la campagne électorale. Il y a une forme désabusée. J’entends souvent "Qu’est-ce que cela va changer". (...) Il y a une forme de colère de rentrée ou en tout cas d’incompréhension », selon le secrétaire général de FO.