Les fonctionnaires en poste ont vu leur pouvoir d’achat progresser en 2014

, par Michel DECAYEUX

le 21/07/2016 AFP/Les échos/Fig. Eco.

La CGT et FO évoquaient une baisse entre 8 et 10 % de pouvoir d’achat en dix ans.

C’est une étude qui arrive un peu tard. En mars dernier, sous la pression des syndicats très remontés, et bien sûr du calendrier présidentiel, le gouvernement avait accordé une revalorisation de 1,2 % en deux étapes - 0,6 % en juillet 2016 et 0,6 % en février 2017- du point d’indice, qui sert de base à la rémunération de quelque 5,4 millions de fonctionnaires. La masse salariale des trois fonctions publiques (État, hospitalière territoriale) devrait ainsi augmenter de 600 millions en 2016 puis de 1,7 milliard en 2017. En intégrant les mesures de l’accord sur les carrières de septembre dernier, la facture atteindra même 3 milliards en 2017, selon la Cour des comptes. Pour cause de contexte budgétaire contraint, le point d’indice était gelé depuis 2010. Cet effort avait contribué à contenir la hausse de la masse salariale de l’État à 0,3 % en moyenne par an, entre 2011 et 2015

Selon la CGT, FO et Solidaires, elle aurait surtout provoqué une diminution du pouvoir d’achat des agents « entre 8 % et 10 %» sur la période.

L’Insee est venu écorner sérieusement ce jeudi cette estimation. Dans sa dernière note consacrée à la rémunération des fonctionnaires de l’État, l’institut explique que le salaire net moyen des personnes en place deux années consécutives a augmenté de 1,6 % en euros constants (retraités de l’inflation) en 2014. Dit autrement, leur pouvoir d’achat a progressé de 1,6%. Les fonctionnaires de catégorie C (la plus basse) ont notamment bénéficié d’une augmentation de leur rémunération, en euros constants, de 2,1 %, en raison de « revalorisations de leurs grilles salariales et de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (ndlr un mécanisme de rattrapage de l’inflation créé sous Nicolas Sarkozy

Salaire net de 2477 euros

Les personnes en place, dont la rémunération a augmenté, représentent les deux tiers des effectifs. Le solde est constitué des personnes sortantes ou entrantes dans un poste, et des contrats courts, notamment les contrats aidés. Fin 2014, l’Insee dénombrait 81.100 agents en emplois aidés, soit une hausse de près de 10 % en un an. Or ces derniers sont moins bien payés, faisant baisser la moyenne des rémunérations : le salaire moyen net d’un agent de la fonction publique atteint 2477 euros mais 2511 euros hors bénéficiaires des contrats aidés. Autre conséquence, si on tient compte de l’ensemble des publics, le salaire net moyen, en euros constants, affiche un léger décrochage de 0,2% (les salaires augmentent de 0,3 % mais l’inflation est de 0,5 %). Cette évolution moyenne générale a permis à la ministre de la fonction publique, Annick Girardin d’affirmer, que « cette étude justifie le dégel du point d’indice qui prend effet ce mois-ci ». Une façon de voir les choses...