Loi Travail : « Personne n’a dit "on va bloquer l’Euro" », se défend Mailly (FO)

, par Michel DECAYEUX

LCI 6.06.2016

A quatre jours du début de l’Euro, la contestation contre la loi Travail perdure et le gouvernement et les organisateurs de l’événement craignent que les grèves ne gâchent la fête.

Ce lundi matin, sur LCI, le patron de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly a -un peu- rassuré les inquiets, tout en rappelant la volonté de son syndicat de s’opposer au texte et en s’en prenant au gouvernement.

« Personne n’a dit on va bloquer l’Euro, on n’est pas stupide », a-t-il fait remarquer. « Il y aura peut-être ici ou là, -on ne contrôle pas tout non plus-, quelques actions. Mais on veut maintenir la pression parce que l’on a un gouvernement irresponsable ». « On maintiendra la pression »

Le gouvernement veut jouer un pourrissement. Attendre le mois de juillet dans une petite logique politicienne », s’agace-t-il alors que le président François Hollande a lancé un avertissement : « Personne ne comprendrait que la grève des trains ou des avions puisse empêcher le déplacement des spectateurs ».

« S’il faut attendre, on attendra aussi, mais on maintiendra la pression », a insisté Jean-Claude Mailly, regrettant de ne pas avoir d’interlocuteur du gouvernement sur ce dossier. « Il y a un côté amateur dans la manière dont est géré le gouvernement », a-t-il dénoncé. « Tant le président de la République que le Premier ministre, avec ce projet de loi, ont joué les pyromanes et en plus ils n’appellent pas les pompiers », a-t-il conclu.

Communiqué commun CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL du 8 juin 2016

Loi travail : Tout tremble, mais rien ne bouge !

Les organisations syndicales en lutte contre la loi travail affirment avec force leur détermination à défendre l’intérêt de tous les salarié-es actuel-les et futur-es. Elles relèvent avec intérêt l’évolution de certaines organisations syndicales qui ne sont pas dans l’action mais qui expriment leur désaccord avec le projet de loi.

Les organisations syndicales et de jeunesse, conscientes de leurs responsabilités, en appellent encore une fois au gouvernement et aux parlementaires pour qu’ils assument les leurs en matière de protection des salarié-es. Elles rappellent que ce texte n’est pas acceptable, notamment sur l’inversion de la hiérarchie des normes, les accords de développement et de maintien dans l’emploi, l’assouplissement des licenciements économiques, le référendum et la médecine du travail, facteurs de destruction des garanties collectives et favorisant la précarité.

De ce fait, elles jugent incompréhensible et inadmissible, pour un gouvernement qui prône le dialogue social, que le Président de la République ne réponde toujours pas au courrier des sept organisations qui demandent à être reçues afin de faire valoir leurs propositions.

Ce n’est pas en menaçant, en discréditant le mouvement social et en essayant de diviser, sans succès, les organisations syndicales et de jeunesse que le règlement du conflit contre le projet de loi travail sera trouvé. Elles restent unies et déterminées pour gagner.

La mobilisation demeure importante et la votation citoyenne remporte un grand succès. Les organisations soutiennent les salarié-es en lutte et ceux et celles qui les rejoignent et appellent à amplifier les grèves et les actions.

Si le gouvernement s’entête, les organisations syndicales et de jeunesse engagent l’ensemble des salarié-es actif-ve-s, privé-es d’emploi et retraité-es, les étudiant-es et lycéen-nes à poursuivre les actions revendicatives sous les formes décidées localement particulièrement les :

23 juin 2016 : date du vote au Sénat (grèves, interpellations des parlementaires, rassemblements, manifestations, conférences de presse …).

28 juin 2016 : remise de la votation citoyenne auprès des préfectures et à la Présidence de la République pour la région parisienne en organisant des grèves et des manifestations.

D’ores et déjà le 14 juin s’annonce fort et verra la participation, l’appui et le soutien de délégations syndicales européennes et internationales qui chaque jour témoignent de leur solidarité.

Pour ne pas se laisser impressionner, pour résister, les organisations syndicales invitent à voter pour le retrait du projet de loi travail et l’obtention de nouveaux droits. Elles appellent à participer massivement à la grève et à la manifestation du 14 juin à Paris.

Les organisations décident de se retrouver le 15 juin.

Paris, le 8 juin 2016