La France a fermé 190 usines en 2015

, par Michel DECAYEUX

le 03/03/2016 Fig. Eco.

Même si des usines ouvrent encore dans l’Hexagone, le solde continue d’être négatif. Le déclin industriel français se poursuit. Le pétrole atteint des records de prix bas, l’euro est faible, les taux d’intérêt bas et les clients européens de la France vivent un contexte économique favorable. Et pourtant, la France continue de fermer des usines et son secteur secondaire se réduire comme peau de chagrin. C’est en effet la principale conclusion du recensement effectué par le cabinet Trendeo pour l’année 2015. Transition industrielle Pourtant, la France continue d’ouvrir des usines. Le pétrole atteint des records de prix bas, l’euro est faible, les taux d’intérêt bas et les clients européens de la France vivent un contexte économique favorable. Et pourtant, la France continue de fermer des usines et son secteur secondaire se réduire comme peau de chagrin. C’est en effet la principale conclusion du recensement effectué par le cabinet Trendeo pour l’année 2015.

Transition industrielle Pourtant, la France continue d’ouvrir des usines. Trendeo en dénombre ainsi 146 nouvelles pour 2015, principalement dans des secteurs comme le traitement des déchets, la chimie et la méthanisation. Mais, durant la même période, 190 autres ont définitivement mis la clé sous la porte. Soit une « perte sèche » de 44 sites industriels. Sans surprise, la métallurgie, la plasturgie, et la fabrication d’objets manufacturés comme les meubles ont supporté la majorité des disparitions.Corollaire naturel de la fermeture des usines, l’emploi industriel continue de disparaître petit à petit. En effet, si la France crée des usines, celles-ci sont de plus en plus petites alors que les fermetures concernent des unités d’une taille plus importante. Trendeo rappelle ainsi que le nombre médian de salarié dans une usine hexagonale a baissé de plus de 40% entre 2009 et 2015, passant de 35 à 20 employés. En 2015, le secteur secondaire dans sa totalité a encore perdu 8900 postes en 2015. Certes, c’est moins que l’hémorragie de 2014 (-14.160 emplois) mais la décrue se poursuit à un rythme rapide.

Et depuis 2009, les régions comme Champagne-Ardenne ou le Nord-Pas-de-Calais, qui sont les bassins historiques de la France, ont même perdu presque une centaine d’usines, accentuant encore un peu plus l’effondrement industriel :

Ouvertures-Fermetures d’usine de 2009 à 2015

Des chiffres qui confirment la tertiarisation croissante de l’économie française. Pour l’année 2015, les cinq entreprises qui ont créé le plus d’emplois sont dans les services à la personne (Shiva), la restauration (La Boucherie, Burger King), le conseil (PriceWaterhouseCoopers) et l’hébergement de données (OVH), sans industrie à l’horizon. À l’inverse, Areva et PSA sont respectivement deuxième et troisième plus gros destructeurs d’emplois en France, derrière Air France.