« L’assurance chômage n’est pas en déficit »

, par Michel DECAYEUX

25 Févr. 2016, Le Parisien

Bruno Coquet, expert associé à l’Institut de l’entreprise. Expert associé au groupe de réflexion Institut de l’entreprise, Bruno Coquet a achevé en décembre une étude sur l’Unedic.

Décoiffante, elle remet en cause des idées, comme la nécessité de réduire l’indemnisation des chômeurs. Détails.

Alors qu’elle prévoit un déficit de 4 ,2 Mds€ en 2016 pourquoi selon vous l’Unedic est-elle excédentaire Bruno Coquet. Les prévisions pour 2016 présentées mardi montrent de nouveau un quasi équilibre de ses comptes sur ses missions de base : 34,9 Mds€ de recettes de cotisations pour 35,3 milliards de dépenses d’allocations. Ca n’est pas un déséquilibre et cela devrait clore le débat sur « les droits sont –ils trop généreux ». En réalité, le régime.est excédentaire de près de 2 Mds€.

D’où vient ce déficit ? En partie de la contribution de pôle emploi : 3,3 Mds cette année. Nulle part ailleurs qu’en France on prend à ce point sur les cotisations chômage pour financer aux deux tiers, le service public de l’emploi. Ce service public doit être financé par l’impôt.

Vous dénoncez deux régimes spéciaux,. Lesquels ?

Le régime des intermittents du spectacle vient en plus du régime de droit commun. Comme il est plus favorable, les intermittents le préfèrent. 120 000 personnes bénéficient chaque année de ce régime avantageux, ce qui coûte 1 Md€ : à l’Unedic. Cet avantage relevant de la politique, culturelle de la France, il devrait être financé par l’impôt, pas par les cotisations chômage, payées par le seul secteur privé. A côté ; un avantage accordé en 2013 dispense les entreprises d’intérim de payer des cotisations sur les contrats les plus précaires. Au-delà de l’effet pervers qu’il favorise, cet avantage, ajouté à des allocations un peu plus généreuses, coûte aussi près de 1 Md€ à l’Unedic.

Les droits sont-ils trop généreux ?

Non, j’ai dit pourquoi. Cependant, 20 à 50 % des chômeurs ceux qui sortent d’un emploi précaire - sont indemnisés sur la base d’un calcul datant des années 1960 qui prend en compte non pas le salaire moyen mensuel mais le revenu moyen par jour travaillé, ce qui génère des indemnités parfois supérieures à 100 % du dernier salaire. Le surcoût se chiffre en milliards d’euros. L’Unedic n’a pas vocation à financer la lutte contre la pauvreté, c’est une fonction de l’Etat ..

Que proposez-vous ?

Seuls 70 % des salariés cotisent à l’Unedic. Comme en Allemagne, tout le monde devrait cotiser au chômage : employeurs et salariés publics, régimes spéciaux ... Les cotisations pourraient alors baisser de deux points. Et le régime être à l’équilibre. </font<