Plan emploi : le patronat plutôt satisfait

, par Michel DECAYEUX

18 et 19 janvier 2016 AFP

Le président du Medef a réagi de façon globalement positive au plan emploi détaillé ce lundi matin par François Hollande

Pierre Gattaz : « Ces annonces vont dans le bon sens » Le président du Medef a réagi de façon globalement positive aux annonces du président de la République : « Ces annonces vont dans le bon sens. Nous attendons maintenant la mise en place concrète. Il faut les appliquer le plus vite possible », a t-il souligné après la prise de parole du chef de l’Etat. Sur la prime à l’embauche, qui fait partie des principales mesures du plan pour l’emploi, Pierre Gattaz a redit qu’il aurait préféré des baisses de charges qui soient plus « durables ». Interpellé sur le bilan du pacte de responsabilité, notamment en matière de créations d’emploi, le président du Medef a indiqué que les estimations d’emplois étaient de l’ordre de 200.000 emplois sur 5 ans. « Les Allemands ont mis 3 ans avant d’avoir des résultats », a-t-il rappelé, appelant implicitement ses interlocuteurs syndicaux à la patience. Selon les estimations du Medef, 26 branches professionnelles auraient signé à ce jour un accord d’engagements dans le cadre du Pacte de responsabilité. « Ce pacte est important mais il faut rappeler qu’il ne fait que compenser les 35 milliards que nous avons pris sur la figure entre 2010 et 2014 », a-t-il conclu.

La CGPME doute de l’effet de la prime « sur le long terme »

La CGPME s’est montrée à la fois satisfaite et mesurée sur les annonces du plan emploi, notamment la prime pour l’embauche d’un nouveau salarié qui va concerner spécifiquement les PME de moins de 250 salariés. « Ce sera un bon catalyseur, l’effet n’est pas neutre, mais on peut douter de l’effet sur le long terme », s’interroge Jean-Eudes Dumesnil du Buisson, secrétaire général de la CGPME. La confédération a été attentive au fait que le plan de formation des 500.000 chômeurs touche à la fois les métiers d’avenir mais aussi les emplois non pourvus, évalués à 300.000 environ. En revanche, la CGPME regrette que l’apprentissage n’ai été que rapidement évoqué par le chef de l’Etat, sans faire l’objet d’annonces spectaculaires, hormis le fait de pouvoir faire commencer un apprenti à n’importe quel moment de l’année, sans forcément se caler sur le calendrier scolaire. Medef et CGPME ont par ailleurs unanimement salué le basculement du crédit d’impôt compétitivité et emploi en baisses de charges d’ici 2017. Une mesure réclamée depuis longtemps par une large partie du patronat qui y voit une pérennisation de cette baisse du coût du travail et une simplification du dispositif.

Prud’hommes : Gattaz veut des indemnités plafonnées entre 6 et 10 mois de salaire

Le patron du Medef a jugé ce mardi que « il n’y a pas eu de plafond annoncé » par François Hollande lors de la présentation de son plan pour l’emploi, ce lundi. Le président du Medef, Pierre Gattaz, a à peine laissé le temps à François Hollande d’annoncer que les indemnités de licenciement abusif prononcées aux prud’hommes seraient plafonnées en fonction de l’ancienneté , et non plus de la taille des entreprises, pour fixer sa propre vision. Selon lui, ces indemnités ne devrait pas dépasser « 6 à 10 mois de salaire » pour toutes les entreprises, afin d’être « à un niveau acceptable pour les TPE et les PME », a-t-il déclaré lors d’une conférence de sa conférence de presse mensuelle. En effet, le patron du Medef a jugé que lors du discours de François Hollande présentant son plan pour l’emploi , « il n’y pas eu de plafond annoncé ». « Il faut un plafond qui ne soit pas anxiogène, qui soit un plafond raisonnable et surtout acceptable pour les plus petites entreprises », a-t-il insisté. « Si on arrive à plafonner ces dommages aux prud’hommes, (...) à 6 mois, à 8 mois, à 10 mois pour toutes les entreprises françaises, en tenant compte de l’ancienneté certes de la personne, je crois qu’on aura une juridiction qui sera beaucoup plus lisible, visible et moins inquiétante pour les patrons », a-t-il estimé. « Aujourd’hui, le problème c’est que c’est une loterie », a-t-il déclaré

« Pas envie de licencier »

« C’est une cause vraiment importante de la peur d’embaucher des patrons, donc il faut plafonner ces prud’hommes à un niveau TPE-PME (très petites entreprises et petites et moyennes entreprises) » et non « sur un référentiel des grands groupes » avec des plafonds « dans les 18 mois-24 mois, voire plus parfois », a-t-il expliqué. Pour le numéro du Medef, un chef d’entreprise, « ça n’a pas envie de licencier ». « On est dans un monde où les patrons ont envie d’embaucher, d’investir et surtout en France. A partir de là c’est une possibilité de vous adapter un peu mieux à une crise, vous allez remettre de la souplesse de l’agilité dans le marché du travail qui est complètement verrouillé aujourd’hui », a-t-il jugé. La loi Macron instaurait un barème des indemnités prud’homales en cas de licenciement sans cause réelle ou sérieuse, selon l’ancienneté du salarié mais aussi la taille de l’entreprise (plus élevé plus l’entreprise est grande). Mais en août, le Conseil constitutionnel avait rejeté le critère de taille de l’entreprise, car sans lien « avec le préjudice subi par le salarié ».