Pourquoi la fin des 35 heures donnerait un coup de fouet à l’économie

, par Michel DECAYEUX

le 13/01/2016 Fig. Eco

Un rapport du sénateur Les Républicains Albéric de Montgolfier montre qu’une hausse du temps de travail redresserait les marges des entreprises et ferait économiser plusieurs milliards aux finances publiques.

La fin des 35 heures mieux que le CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) ! Dans un rapport d’information rendu public mercredi, le rapporteur général Les Républicains de la commission des Finances du Sénat, Albéric de Montgolfier, montre que la hausse de la durée légale du travail constituerait un « choc de compétitivité » pour la France. De fait, le passage de la durée légale du travail de 35 heures à 37 heures équivaudrait à une baisse du coût du travail de l’ordre de 3%.De quoi augmenter le taux de marge des entreprises de deux points. Avec un avantage : contrairement au CICE, qui réduit les recettes d’impôt sur les sociétés, un allongement du temps de travail ne coûterait rien aux finances publiques.

Les fonctionnaires travaillent moins de 35 heures par semaine Appliqué aux fonctionnaires, il pourrait même faire économiser beaucoup d’argent aux caisses de l’État, des hôpitaux et des collectivités locales. 570 millions d’économies pourraient déjà être dégagées si le temps de travail des fonctionnaires était effectivement de 35 heures par semaine. Actuellement, tel n’est pas le cas puisqu’ils travaillent en moyenne 1594 heures par an selon la Cour des Comptes, et non les 1607 heures correspondant aux 35 heures hebdomadaires. Le gain serait encore plus substantiel si cette barre symbolique était dépassée.

« Si la durée légale du travail (ndlr des fonctionnaires) était portée à 37,5 heures par semaine, ce qui correspond à la durée habituelle hebdomadaire de travail déclarée par les salariés du secteur privé, l’économie réalisée s’élèverait à 5 milliards d’euros par an pour les trois fonctions publiques », lit-on dans le rapport. Qui chiffre à 21 milliards d’euros sur la période 2005-2015 le coût du passage aux 35 heures pour les seules fonctions publiques d’État et hospitalière, du fait de l’embauche de 50.000 agents supplémentaires. Reste que jusqu’à présent, aucun gouvernement, ni de droite ni de gauche, ne s’est risqué à prendre de mesures radicales. Sous l’ère Sarkozy, les 35 heures ont été seulement assouplies, notamment par le biais des exonérations d’impôt et de charges sociales pour les heures supplémentaires. Des exonérations sur lesquelles la gauche est en grande partie revenue en 2012

« Commentaire : Encore un énième rapport qui va abreuver « le moulin Macron » pour diminuer le coût du travail. Bien évidement la proposition de ce rapport s’inscrit dans ce que veut le patronat : abroger les 35 heures de temps travail effectif pour passer à 37, 39 heures voir plus et bien sûr, sans augmenter les salaires ou si peu. Il est nécessaire de rappeler que lorsque la loi sur les 35 heures de temps travail effectif a été adoptée dans la majorité des entreprises à cette époque les salariés sont passés d’un temps de présence de 39 heures, à un temps de travail effectif de 35 heures où les pauses cafés, les pauses casse- croûte (travail en continu), les poses WC (limitées à 2 sur 8 heures dans certaines entreprises et temps pis si vous êtes malade ou indisposé), les temps de douche (pour travaux sales ) ont été rabotés, voire expurgés des 35 heures, alors que ces temps étaient intégrés dans les 39 heures.

Il faut savoir que la comparaison avec certains pays européen est subjective du fait que ce n’est pas un temps de travail effectif qui est décompté.

Devrait être intégré dans la comparaison avec le autres pays, pour être le plus objectif possible sur le véritable coût horaire, le taux de productivité. Mais là les politiques, les patrons français se gardent bien d’en parler. »