Villers-Saint-Paul : l’usine Griset (116 salariés) va fermer après 256 ans d’histoire

, par Michel DECAYEUX

15 Janv. 2016 Le Parisien

« C’est sans appel… L’entreprise Griset va fermer », a annoncé, ce vendredi, Dominique Giralt, représentant syndical FO du personnel de la société, installée à Villers-Saint-Paul. Sa fermeture va entraîner la suppression de 117 postes et mettra un terme à 256 années d’histoire ! Spécialisée dans la fabrication de bandes de cuivre et d’alliages non ferreux nécessaires aux composants électroniques des voitures comme des téléphones, la dernière usine française de laminage de cuivre avait été placée en « liquidation judiciaire avec reprise d’activités » mi-décembre dernier, après s’être vue refuser un prêt d’1,5 M€ par les banques, malgré le soutien de la Banque publique d’investissements.

Griset avait alors misé son dernier espoir sur une proposition de reprise de l’usine par la société chinoise Tongling Nonferrous Metals Group Holding Co. Une offre qui vient d’être rejetée par le Tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine), où le dossier était examiné depuis mardi.

« C’était notre dernière chance et c’en était une très belle », affirme Dominique Giralt, qui attribue l’échec de la reprise à ceux qui en ont constitué le dossier : « L’entreprise chinoise avait besoin du savoir-faire et des compétences techniques de Griset, et Griset comptait sur les moyens financiers de Tongling pour construire son futur. L’un avait besoin de l’autre ; c’était initialement le meilleur partenaire que l’on pouvait espérer », explique-t-il. Mais pour le salarié, le dossier de reprise qui avait été monté et présenté devant le tribunal ne défendait ni les intérêts des salariés, ni ceux de l’entreprise malgré la promesse de la conservation d’une centaine de postes.

C’est la raison principale pour laquelle, selon lui, l’offre a été rejetée. « Les encadrants de Griset qui ont constitué le dossier ont purement saboté ses chances de reprise, affirme-t-il, bouleversé. C’est une page qui se tourne, et de nombreuses familles qui se retrouvent dans l’embarras. » Contactée, la direction n’a pas souhaité faire de commentaires