Guillaume Sarkozy débarqué de Malakoff Médéric

, par Michel DECAYEUX

Le Monde.fr | 27.11.2015

Les groupes capitalistes n’ont pas le monopole des guerres de pouvoir et des luttes intestines. Ni des retournements de situation. Guillaume Sarkozy, le délégué général de Malakoff Médéric, vient d’en faire les frais. Comme l’a révélé, vendredi 27 novembre, l’Argus de l’assurance, le frère de l’ancien président de la République, à la tête du groupe de protection sociale depuis 2006, a été lâché par son conseil d’administration.

Cette éviction s’inscrit sur fond de tensions extrêmes avec la Mutuelle générale, la troisième mutuelle française, avec qui Malakoff Médéric est engagé dans des turbulentes fiançailles depuis septembre 2014. Objectif : construire le leader de l’assurance de personnes en France.

Or, chemin faisant, c’est la Mutuelle générale – 645 millions d’euros de fonds propres, contre 3,9 milliards pour son partenaire – et son président, Patrick Sagon , qui ont pris le pouvoir. « C’est un peu David qui a terrassé Goliath. La Mutuelle générale a obtenu de piloter les fonctions clés que sont la finance, les ressources humaines et les systèmes d’information », relate un fin connaisseur du dossier. « Il faut dire que le management de Malakoff Médéric avait été affaibli par de nombreux départs ces dernières années. » Fortes personnalités

Alors que MM. Sarkozy et Sagon sont connus pour être deux très fortes personnalités, selon La Lettre de l’assurance, un « clash » a eu lieu ces derniers jours entre les deux groupes. A tel point que M. Sarkozy est apparu comme un obstacle à la fusion. Dès lors, le bureau de l’association sommitale Malakoff Médéric – l’équivalent d’un conseil d’administration dans un groupe géré sur le mode du paritarisme – a dû choisir entre lâcher son directeur général délégué et renoncer au mariage.

Visiblement, il a opté pour la première solution, et négocie avec M. Sarkozy les conditions de son départ. Une réunion est prévue la deuxième semaine de décembre pour officialiser cette décision. Contacté par Le Monde, Malakoff Médéric n’a pas donné suite à nos appels.