Après les 35H, Macron récidive sur les fonctionnaires, aussitôt recadré par Hollande

, par Michel DECAYEUX

18-09-2015 AFP

Après sa critique des 35 heures fin août, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a récidivé vendredi en jugeant le statut des fonctionnaires "plus justifiable", s’attirant un recadrage immédiat de François Hollande qui s’est dit "attaché" à ce statut. Le statut des fonctionnaires n’est "plus adapté au monde tel qu’il va" et, "surtout, n’est plus justifiable compte tenu des missions", a déclaré M. Macron lors d’un débat public organisé par le groupe de réflexion "En temps réel", selon des propos rapportés par Les Echos. En déplacement dans son fief corrézien de Tulle, le président de la République, conscient du caractère explosif de telles déclarations, a profité d’une remise de décorations pour aussitôt s’employer à éteindre l’incendie. Honorant un fonctionnaire, il a loué en lui "un fonctionnaire d’Etat, un fonctionnaire attaché à son département de la Corrèze et, comme je le suis, attaché à son statut".

Le chef de l’Etat a désavoué son jeune ministre en se livrant à un véritable éloge de la fonction publique : "Etre fonctionnaire, ce n’est pas être dans une position figée, ce n’est pas refuser la modernité, être fonctionnaire, c’est, au contraire, être toujours capable d’anticiper, de prévoir et de servir". "Et c’est la raison pour laquelle le fonctionnaire a des droits, le statut, et a des devoirs et qu’il doit en permanence s’adapter, évoluer et être capable d’être au meilleur pour être au service du public", a souligné François Hollande De son côté, M. Macron a lui aussi voulu minimiser la portée de ses propos, comme il l’avait fait après la polémique qu’il avait déclenchée sur les 35 heures. "A aucun moment je n’ai parlé d’une réforme du statut de la fonction publique que le gouvernement envisagerait", a assuré le ministre de l’Economie auprès de l’AFP.

Ce "statut n’est pas remis en cause", a déclaré en ajoutant : "Les propos partiels rapportés donnent une vision déformée de ma pensée".
- La droite ironise - Quoi qu’il en soit, Emmanuel Macron avait tenu des propos décapants et toujours aussi iconoclastes pour un membre d’un gouvernement de gauche. "On va progressivement entrer dans une zone - on y est déjà d’ailleurs - où la justification d’avoir un emploi à vie garanti sur des missions qui ne le justifient plus, sera de moins en moins défendable", avait affirmé le ministre, lui-même haut fonctionnaire. "Je ne sais pas justifier que quelqu’un qui travaille dans la cybersécurité dans une PME soit un contractuel en CDD et que quelqu’un qui travaille, par exemple, dans mon ministère dans le développement économique doit être un fonctionnaire", a-t-il illustré.

La droite s’est aussitôt engouffrée dans la brèche : "Excellentes remarques de sur le statut des comme je l’écrivais dans mon livre", a ironisé l’ancien ministre Eric Woerth, délégué général au projet des Républicains. "Ca commence à faire beaucoup, il faut vraiment qu’il se la boucle ! Il se croit tout permis avec sa cote de popularité mais il nous fait du tort", a déploré un ministre, inquiet de telles déclarations à quelques mois de régionales déjà bien périlleuses pour la gauche. "Cet Ovni fou veut aussi détruire le statut de la fonction publique", a dénoncé Gérard Filoche, membre de l’aile gauche du PS. ", le gars qui vient de la Banque Rothschild et qui voudrait faire passer l’infirmière ou le policier pour un privilégié...", a également dénoncé sur Twitter Ian Brossat, adjoint PCF à la maire de Paris Anne Hidalgo. Fin août, juste avant l’ouverture de l’université d’été du PS à La Rochelle, Emmanuel Macron avait heurté la gauche par sa dénonciation des 35 heures. Le Premier ministre Manuel Valls l’avait aussitôt recadré et dénoncé des "petites phrases" qui font "mal à la politique".

Commentaire : Facile de dire que c’est un OVNI au sein du gouvernement.

Quoique qu’on en dise c’est le 1er Ministre Manuel. VALLS qui a été le chercher avec accord du Président de la République F. HOLLANDE.

C’est lui avec la complicité de Jean Denis Combrexelle, qui détruit tout le socle social de la République Française, qui détruit le code du travail, qui détruit les conventions collective, qui dit aux patrons lors de leur université d’été : je vais vous aider à retrouver de la compétitivité, je vais vous aider à vous faciliter la tâche en assouplissant toutes les règles sociales.

N’oublions pas que ce « sieur » Macron a été formaté par une des banques les plus libérales : la banque Rothschild et que JD Combrexelle a été un fidèle serviteur des tenants du libéralisme économique.

Macron avant d’être un OVNI c’est surtout un grenadier voltigeur de ceux qui veulent faire « Valls- ser » tous les acquis et droits sociaux français obtenus près de longues luttes et quelque fois au prix du sang.

Force ouvrière tient à rappeler que la France sans « fonctionnaires », agents publiques de l’Etat républicain, il n’y a plus de république, il n’y a plus de démocratie. Et les fondements (Liberté, Egalité, Fraternité) de notre République laïque une et indivisible s’envolent . Rappelons aussi qu’un fonctionnaire et à vie au service de l’état, c’est pour cela qu’il perçoit une pension et non une retraite, car à tout moment (temps qu’il est vivant) il peut être rappelé pour venir en aide à l’état. Ce qui n’est pas vrai pour un salarié du privé

Alors il est grand temps que le Président et le 1er Ministre arrêtent de nous faire croire que Macron agit seul comme un électron libre.

C’est une manière de lui faire endosser le bébé de toutes les contre réformes, de faire croire aux travailleurs, aux citoyens, qu’ils sont surpris des déclarations de leur ministre, alors que ceux sont eux qui tirent les ficelles.