Rantigny : Nouvelle vague de licenciements chez Caterpillar

, par Michel DECAYEUX

Le Parisien 1er août 2015

HIER, LA DEUXIÈME LIGNE de production de l’usine Caterpillar s’est arrêtée.

Quelque 70 ouvriers y fabriquaient un petit rouleau compresseur destiné à aplanir l’asphalte. A terme, ce seront 130 salariés de plus au chômage. Les 124 premiers ont trouvé du travail ailleurs et sont partis avant la fermeture programmée à l’automne ..

Ainsi, les employés sortent pour la dernière fois de leur usine en petits . groupes. « fis sont restés pros jusqu’’ au, bout », félicite David Carpentier, élu CGT. A l’entrée, beaucoup accusent le coup : « Professionnellement, nous avons digéré le licenciement, humainement, c’est difficile », ’confie un ouvrier, en poste depuis dix ans. Un autre, ajoute, amer : « La fermeture fait du mal aux gens et au bassin d’emploi mais Caterpillar ne pense qu’à ses dividendes. » Pourtant, « la ligne faisait des bénéfices », affirme Loïc Abgrall, délégué FO Visiblement pas assez pour l’entreprise qui délocalise sa production en Italie, où les employés seront payés un peu moins. Les machines partiront courant août.

Une partie de la production déjà relocalisée aux Etats-Unis

. C’est la deuxième vague de licenciement à Rantigny. Déjà en mars, la première ligne était relocalisée aux Etats-Unis, pays d’origine de la marque. Cinquante-six personnes s’étaient alors retrouvées sans emploi, cinq ont été reclassées en interne. Une employée se rassure et évoqué « de belles histoires de reconversion, certains ont créé leur boîte et ça marche bien’ ». Pour l’instant, tous toucheront 78 % de salaire brut pendant neuf à douze mois selon leur ancienneté. « Après, on ne sait pas ce qu’on va devenir », reconnaissent-ils. Chez Caterpillar, on affirme que « le processus de reclassement est en cours, 40 personnes licenciées ont trouvé une solution ».

Depuis l’annonce de la fermeture il y a près d’un an et demi, les employés n’ont manifesté qu’une seule fois. « On veut pouvoir être embauché ailleurs, il ne faut pas qu’on pas- se pour des casseurs », justifient-ils. lE L’usine ferme ses portes pendant trois semaines pour les vacances. Le• dernier véhicule sortira le 4 septembre après que la dernière ligne aura r été redémarrée pour deux semaines. Une fois la production terminée, 23 personnes resteront « pour finir de <, vider l’entreprise » jusqu’au 31 octobre selon les mots de Loïc Abgrall FO