En 2014, l’État a détruit 4900 postes de fonctionnaires

, par Michel DECAYEUX

le 01/07/2015 Fig. Eco.

En France, 22.085 emplois publics ont été supprimés en deux ans

Le gouvernement ne le crie pas sur tous les toits, mais les effectifs de l’État ont encore baissé ces deux dernières années. Le mouvement, toutefois, ralentit avec une moindre destruction de postes en 2014 qu’en 2013. L’an dernier, le nombre d’emplois, en équivalents temps plein (ETP), de l’État et de ses opérateurs a ainsi reculé de 4884, après une diminution de 17.201 l’année précédente, peut-on lire dans le rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques, établi par Bercy et transmis mercredi aux députés. Soit un recul de 22.085 emplois publics en deux ans, à 2,25 millions. Ce repli tient en 2014 à une « sous-exécution » de près de 49.000 postes par rapport aux plafonds d’emplois votés en loi de finance initiale. En clair, ce sont des postes qui n’ont pas été pourvus, notamment à l’Education nationale, peut-être du fait de la difficulté à recruter les profils recherchés. Aucune explication précise n’est donnée par Bercy.

18.500 seront maintenus pour la Défense

Jusqu’à présent, le gouvernement, qui a promis de stabiliser les effectifs de l’État sur le quinquennat, respecte l’engagement de François Hollande. Il est même plus rigoureux que prévu. Mais l’équation va se compliquer à partir de l’année prochaine, du fait des suppressions d’emplois auxquelles a échappé la Défense. Sur les 34.000 postes qui devaient disparaître sur cinq ans, 18.500 seront maintenus. Or l’exécutif comptait sur ces suppressions pour compenser les créations dans l’Éducation nationale (60.000), la justice et la sécurité. Reste qu’en 2014 les économies liées aux baisses d’effectifs sont « faibles », relève la Cour des comptes. Elles ont représenté 228 millions, contre 841 en moyenne par an entre 2008 et 2012. À l’arrivée, la modération de la politique salariale n’ayant pas été renforcée, la masse salariale de l’État est légèrement repartie à la hausse