Retour du 49-3 sur la loi Macron : un "aveu de faiblesse" de Valls ?

, par Michel DECAYEUX

le 16-18-20 juin 2015 NO/AFP/LA TRIBUNE/AFP

Un "aveu de faiblesse" ou une façon pour Manuel Valls de "réaffirmer son autorité" ? Les éditorialistes et commentateurs sont partagés sur l’utilisation annoncée du 49-3 pour clore le débat sur la loi Macron à l’Assemblée. "Pour le Premier ministre, ce 49-3 est une occasion en tout cas de réaffirmer son autorité et de reprendre politiquement la main, affaibli par une semaine de polémique sur son aller-retour privé à Berlin Le passage en force est bien un constat de blocage dont nul n’a à se réjouir." "La Macron-économie poursuit son inexorable course, qu’il s’agisse d’un marathon parlementaire ou d’un sprint dopé au 49.3. "Pour Valls, le temps presse" S’il veut récolter les fruits de sa politique avant 2017, il doit accélérer le mouvement. Mettre tous les parlementaires au pas. Quitte à passer pour un ennemi de la démocratie". "L’horloge tourne et, à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle, il sait qu’il sera jugé sur son bilan économique et sa capacité à avoir (ou pas) inversé la courbe du chômage.

Manuel Valls retrouve le sens de la marche Ragaillardi par l’échec de la motion de la censure et l’adoption de la loi Macron Manuel Valls prend visiblement plaisir à recourir à l’outil du 49.3, éternelle bouffée d’oxygène d’un Premier ministre en difficulté. Cet article incarne la prise de décision, l’autorité, l’action, bref, le vallsisme. Et le chef du gouvernement ne devrait pas manquer de s’en servir de nouveau dès qu’il en aura l’occasion et la possibilité. En dégainant aussitôt une motion de censure

Une "loi symbole" A ses yeux, ce texte est en effet une "loi symbole". Symbole de la levée des blocages de l’économie française qu’il entend impulser pour relancer l’emploi.

Fossoyeur du molletisme, cette rhétorique cynique qui n’a jamais totalement cessé d’inspirer la culture socialiste, même sous le gouvernement de Lionel Jospin, Manuel Valls est accusé par ses détracteurs d’être le fossoyeur de la gauche tout court. Lui se rêve en accoucheur d’une nouvelle gauche, "moderne" et "efficace Pour la première fois dans son histoire, » la gauche « au pouvoir parle comme elle agit et agit comme elle parle. "A droite",.

Valls recadre Taubira qui "rêve" d’un monde où on travaille 32 heures et pas le week-en

Manuel Valls a appelé vendredi le gouvernement à être "pragmatique" et à "sortir des dogmes" après les déclarations de la Garde des Sceaux Christiane Taubira, qui a dit rêver "d’un monde où on peut travailler 32 heures". Interrogée par RMC et BFMTV sur le travail dominical, Christiane Taubira a fait une sortie remarquée au lendemain du vote de la loi Macron : "je rêve d’un monde où on ne travaille pas le dimanche, où le samedi et le dimanche on ne travaille pas. Je rêve d’un monde où on peut travailler 32 heures".

"J’estime que l’idéal, c’est que les gens puissent travailler 32 heures dans une semaine. Pour avoir du temps pour se consacrer aux autres dans des associations. Pour avoir le temps d’aller au musée, pour avoir le temps quand c’est possible d’aller sur la plage, de déambuler, de marcher, de parler à ses voisins, d’aller en librairie, au cinéma, au théâtre, etc. Voilà la société dont on peut rêver", a développé la Garde des Sceaux. Interrogé sur cette déclaration lors de sa visite du salon aéronautique du Bourget, Manuel Valls a répondu : "vous savez, aujourd’hui, il y a un temps de travail qui existe. Il y a les 35 heures mais le temps effectif est de 39 heures. Les Français, ce qu’ils veulent aujourd’hui, c’est du boulot". "Le travail, c’est une valeur. Le mérite, c’est une valeur. Et l’engagement que les Français attendent aujourd’hui pour leurs enfants et leurs petits-enfants, c’est une bonne formation pour avoir demain un bon travail. Soyons pragmatiques, sortons des dogmes, engageons nous pour la croissance et le travail pour notre pays. C’est mon action", a poursuivi le Premier ministre.

Macron applaudi par les petits patrons

Lors de son passage au salon Planète PME jeudi, le ministre de l’Economie a assuré que le CICE sera pérennisé sous forme d’allègements de charges.

En revanche pour Emmanuel Macron, qui s’est rendu jeudi sur le salon, nul besoin de reconquête. Le public était acquis, et le ministre de l’Economie a été longuement applaudi par les petits patrons. « Vous êtes celui qui fait bouger les lignes.

Vous essayez ! Un verbe que j’aime », a déclaré François Asselin, patron de la CGPME. Bien sûr, il a rappelé que les patrons de PME « ne sont pas de chauds partisans de l’ouverture dominicale qui menace le petit commerce face à la grande distribution ». De même, il a souligné que « les taxis ne peuvent être abandonnés face à l’arrivée des VTC, et que si la concurrence est saine, elle nécessite que les règles soient les mêmes pour tous ». Mais, ces deux rappels étant faits, la loi Macron va dans le bon sens aux yeux des petits patrons. Au delà des mesures passées en revue, les petits patrons ont l’impression d’être entendus par ce ministre. « Sans doute, il y a des patrons qui s’amusent, mais ce qu’ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c’est gagner la bataille. Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donnent pas une jouissance de plus ; en tout cas, ce n’est point surtout à cela qu’ils songent », avait déclaré Emmanuel Macron en préambule, citant le célèbre article de Jaurès sur « Les Misères du Patronat ». Un message reçu 5 sur 5.