Hôpitaux de Paris : CGT et FO refusent de discuter des 35 heures

, par Michel DECAYEUX

LE 07/05 les échos

Les discussions sur la remise à plat des 35 heures ont mal démarré ce mercredi 6 mai. Sans réforme, il faudrait supprimer 4.000 emplois, a prévenu Martin Hirsch.

La première séance de discussion sur la réorganisation du temps de travail à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris aurait pu n’être qu’une mise en jambes. Cela n’a pas été le cas. Sur les quatre syndicats représentatifs à l’AP-HP, le troisième manquait à l’appel : SUD-santé (24 % des voix aux dernières élections professionnelles) a décidé de ne pas participer aux réunions sur l’état des lieux, programmées a priori jusqu’au 20 mai, avant un démarrage des négociations proprement dites le 28 mai. Et la CGT (32 %) et Force ouvrière (12 %) - ont quitté la salle une heure après le début de la réunion, estimant que « le protocole de Martin Hirsch n’est ni négociable ni amendable ».

Les trois premiers syndicats de l’AP-HP avaient déjà fait monter la pression jeudi dernier en annonçant une journée d’action pour le 21 mai (« Les Echos » du 4 mai). Mais en pratiquant ainsi la politique de la chaise vide, elles ont franchi sans sommation un pas supplémentaire qui augure mal de la suite.

Un sujet explosif

C’est une fin de non-recevoir au marché que leur a proposé Martin Hirsch. « Quand la croissance de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie [Ondam] ralentit, il y a une tentation de [...] réduire les effectifs. A l’AP-HP, cela signifierait, sur cinq ans, supprimer environ 4.000 emplois », a-t-il souligné dès le début de la réunion sur un sujet qu’il sait explosif. Pour ajouter aussitôt : « Ce n’est pas mon choix. Ce n’est pas le choix que je vous propose ». Pour le directeur général des Hôpitaux de Paris, seule une réforme du temps de travail permettrait d’échapper aux suppressions de postes. Il n’a pas convaincu.

Martin Hirsch s’est aussi attaché à rassurer les agents, annonçant qu’il n’était pas question de généraliser le rythme éreintant de 12 heures de travail journalier, ni celui de 7 heures, qui ne donne pas droit à RTT. Cela suffira-t-il à éviter une montée de pression sociale ? Voire. Tous les petits syndicats vont, comme la CFDT, continuer à participer aux discussions avec la direction générale, même s’ils n’ont aucun pouvoir de signature d’accord. Mais tous sauf un envisagent d’appeler à la mobilisation le 21 mai. Une intersyndicale est prévue sur le sujet lundi.

La CFDT réunirait ses instances le 13 mai, mais il semble d’ores et déjà que ses troupes pourraient s’y associer sur certains sites. Martin Hirsch a promis ce mercredi que la « réforme ne se fera pas à marche forcée ou par "un passage en force " » et s’est engagé à ce que le calendrier très serré qui fixe le terme des négociations au 18 juin soit adapté « au fur et à mesure ». « Je ne donnerai pas de date butoir [...] dès lors que notre dialogue avance », a-t-il expliqué. Cela paraît aujourd’hui difficile. La prochaine réunion aura lieu le 12 mai, sans la CGT et FO qui ont annoncé qu’elles quittaient définitivement les discussions. Sud ne participera pas à l’état des lieux qui doit s’achever le 20 mai, mais pour l’heure a prévu dêtre présent aux négociations proprement dites, le 28 mai