Retraites complémentaires : le Medef revoit partiellement sa copie

, par Michel DECAYEUX

LE 20/03 AFP

Les partenaires sociaux ont discuté ce vendredi des propositions dévoilées il y a un mois par le Medef pour renflouer les réserves de l’Agirc-Arrco. Les syndicats ont réclamé un « effort » du patronat, notamment sur l’augmentation des cotisations.

Le Medef, dont les propositions pour renflouer les retraites complémentaires sont refusées par les syndicats, a accepté de revoir partiellement sa copie mais sans céder sur l’augmentation des cotisations réclamée par les organisations salariales, ce vendredi lors de la deuxième séance de négociations. Les partenaires sociaux (Medef, UPA, CGPME, CGT, CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC) ont discuté les propositions dévoilées il y a un mois par le Medef pour renflouer les réserves de l’Agirc-Arrco et trouver un accord avant fin juin. Jugeant les pistes du Medef « déséquilibrées » car pesant uniquement sur les salariés et les retraités, tous les syndicats ont réclamé à l’unisson un « effort » du patronat, notamment l’augmentation des cotisations. Mais si « le sujet des cotisations reviendra, pour l’instant il n’est pas envisagé », a déclaré Claude Tendil, négociateur du Medef, à l’issue de la séance. « L’effort demandé aux entreprises est déjà au rendez-vous », a-t-il estimé, s’en remettant à la conjoncture économique. Trois leviers principaux

Le temps presse. Fragilisés par l’arrivée des papy-boomers à la retraite et le chômage de masse, les régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés du privé) ont enregistré des déficits respectifs de 1,24 milliard et 405 millions d’euros en 2013. Si rien n’est fait, les réserves seront épuisées dès 2018 pour l’Agirc, et 2027 pour l’Arrco.

Trois leviers principaux peuvent être actionnés pour rééquilibrer ces deux régimes : l’âge de départ, les cotisations et les pensions. Pour parvenir à 7,1 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2020, le Medef propose notamment de faire reculer l’âge de la retraite à taux plein, en appliquant des abattements dégressifs et temporaires sur les pensions, de 62 ans à 67 ans. Face au tollé, Claude Tendil s’est dit prêt à un report de sa mise en œuvre à 2019, contre 2017 actuellement, selon Jean-Louis Malys (CFDT). « C’était une séance finalement utile », a déclaré le syndicaliste. Pour lui, la délégation patronale a « en creux admis » que les efforts demandés « étaient excessifs, même si le patronat n’a pas remis en cause totalement les propositions ».

Réduire le taux de réversion

Impopulaire également, l’idée d’une alternative pour les retraités mariés, qui auraient eu à choisir entre une pension minorée ou une pension de réversion amputée pour leur conjoint, est abandonnée, a indiqué Claude Tendil. Mais la réduction du taux de réversion, passant par exemple de 60% actuellement à 55%, est maintenue sur la table, a regretté Pascale Coton (CFTC), y voyant une « ligne rouge » pour son syndicat.

Quant à l’idée de fusionner les deux régimes Agirc-Arrco d’ici à 2019, elle divise les syndicats. La CFDT s’est dite favorable à la création d’un nouveau régime. Et pour Philippe Pihet (FO), « l’important est de sauver la retraite complémentaire des salariés du privé », même si « cela passe par une révision des structures ». « Deux malades ne font pas quelqu’un en bonne santé », a toutefois déclaré Pascale Coton. La CFE-CGC et la CGT s’opposent farouchement à la fusion, craignant que la mesure ne « détricote le statut des cadres ». « La fusion ne règle rien financièrement », a fait valoir Eric Aubin (CGT). Son syndicat continue de plaider pour une augmentation des cotisations à l’Agirc et l’égalité salariale entre hommes et femmes. Initialement prévue le 7 avril, la prochaine réunion a été fixée au 10 avril