Top départ pour la négo sur les carrières des fonctionnaires

, par Michel DECAYEUX

Le Parisien le 11 mars 2015

Hier la ministre de la fonction publique a lancé des négociations sur l’allongement des carrières. L’enveloppe budgétaire sera connue plus tard

VOILÀ LONGTEMPS, déjà, que les fonctionnaires sont’ fixés sur leurs augmentations salariales. Ce sera la diète jusqu’en 2017 ... Manuel Valls avait prévenu l’année dernière : la poursuite du gel du point d’indice - qui sert de base de calcul du salaire des agents - se poursuivra jusqu’a la fin du quinquennat. La tâche de la ministère la Fonction publique, Marylise Lebranchu, qui présentait hier aux syndicats ses grandes orientations pour améliorer les carrières et les rémunération des 5 millions de fonctionnaires, s’annonçait donc ardue. Comment, en effet, améliorer les salaires s’il n’y a pas d’argent à mettre sur la table ?

C’est cette partie de poker qui a commencé à se jouer, hier ; entre la ministre et les syndicats. La négociation doit être bouclée pour le 2 juin. ’D’ici là, plus de dix réunions se tiendront. « J’ouvre des négociations pour que les fonctionnaires aient de meilleures’ carrières sur des temps plus longs », a-t-elle annoncé hier, après une première réunion avec les représentants des fonctionnaires. Un vaste chantier, complexe, auquel plus d’un ministre s’est attelé par le passé sans aller jusqu’au bout. .

Appel à la mobilisation le 9 avril

Concrètement, il s’agit de remettre à plat les fameuses « grilles indiciaires » de tous les agents (catégories A, B et C), qui déterminent le passage d’un échelon à l’autre (et la rémunération correspondante). De fait, depuis les ambitieux accords Durafour de 1990, qui avaient rénové les grilles salariales, et dont l’application s’étendait sur sept ans, rien n’a bougé. Tout le monde reconnaît pourtant le problème : les grilles sont actuellement calculées sur 20 ou 25 ans de ’carrière ’alors qu’une vie professionnelle ; dans le public ;’s’étale souvent sur 35 ans, voire plus. Au delà de ces 20 ou 25 ans, le fonctionnaire plafonne donc, jusqu’à la retraite. .Hier, tous les syndicats ont posé à la ministre la question clé : de quel budget dispose-t-elle en ces temps de vaches maigres, et à quelle échéance ce vaste chantier verra+il le jour ? La réponse de la ministre a été évasive : « Je ne donne pas de chiffres, mais tout le monde sait que cela a un coût. »Et d’expliquer que « pour absorber ce coût », l’application de la réforme commencera en 20I

<font color=red<Plusieurs syndicats n’ont pas attendu pour appeler à la mobilisation, le 9 avril. Pour FO, « la ministre n’a rien annoncé hier ». Pis, selon le syndicat, « la refonte des grilles est renvoyée aux calendes grecques, comme le point d’indice » : Après cinq années blanches en matière d’augmentation salariale, la grogne des fonctionnaires est aujourd’hui , palpable.

D’autant que certains auront même quelques euros en moins cette année, du fait d’une hausse des cotisations salariales. Un diagnostic que partage la CFDT. Le syndicat qui, lui, n’appelle pas à cette journée d’action, préfère « voir ce qu’il y a ru positif dans la réforme » proposé ! Arbitrage final cet été