Force ouvrière ne veut plus négocier au Medef

, par Michel DECAYEUX

22 janvier 2015 Le Monde

Jean-Claude Mailly se montre très critique sur la méthode employée dans les négociations nationales interprofessionnelles. Le secrétaire général de Force ouvrière, qui prépare son congrès du 2 au 6 février à Tours, vient d’adresser une lettre aux présidents et secrétaires généraux des trois organisations patronales et des quatre autres organisations syndicales sur ce sujet.

En marge de la négociation sur la modernisation du dialogue social - où une signature de FO, comme de la CGT, est totalement exclue -, Jean-Claude Mailly met en avant trois propositions. En premier lieu, la centrale syndicale ne veut plus que les négociations se déroulent au Medef. Pour M. Mailly, cela place les syndicats en situation d’infériorité. Tous les conseillers du Medef sont sur place et peuvent intervenir à tout moment, ce qui n’est pas le cas pour les syndicats. FO préconise un « lieu neutre », comme par exemple le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

« Pas besoin de négocier la nuit » Seconde revendication : FO demande qu’on « respecte les horaires » des séances. « Il n’y a pas besoin de négocier la nuit », a assuré M. Mailly. « On est contre le travail de nuit », a-t-il ajouté en souriant. Il a raconté qu’un ancien négociateur de FO, Antoine Faesch, mangeait de l’ail avant d’aborder les séances de nuit, pour indisposer ses interlocuteurs patronaux et pour écourter les réunions nocturnes... Enfin M. Mailly juge « inacceptable que des organisations, dont FO, présentent des projets d’accord qui ne sont jamais examinés », la négociation portant toujours sur le texte du patronat. En l’espèce sur le dialogue social, le projet d’accord émane du Medef et de l’Union professionnelle artisanale, la CGPME faisant bande à part.

Les premières réactions syndicales aux propositions de M. Mailly sont plutôt favorables. De longue date, la CGT s’est déjà prononcée pour que les négociations aient lieu ailleurs qu’au Medef, évoquant aussi le CESE. La CFDT et la CFTC partagent aussi cette approche. Côté patronal, une telle initiative ne peut que convenir à la CGPME qui n’en finit pas de divorcer avec le Medef