FO rejette l’appel à l’unité nationale du Medef

, par Michel DECAYEUX

LE 20/01 LES ECHOS

Le secrétaire général de Force ouvrière a dénoncé ce mardi la façon dont se déroulait la négociation sur le dialogue social.

Si Pierre Gattaz veut surfer sur la vague d’unité nationale provoquée par les attentats terroristes, ce sera sans FO. Son numéro un, Jean-Claude Mailly, a affirmé ce mardi qu’il n’y avait « pas d’unité nationale sur les questions économiques et sociales ». « Il y a eu un sursaut républicain » et « c’est bien », a déclaré le syndicaliste lors d’une conférence de presse. Mais « on ne peut pas tirer l’élastique » et « dire qu’au nom de cela vous allez avaler tout ce que vous ne vouliez pas avaler avant », a-t-il estimé, notant que François Hollande n’a pas changé de « position sur les questions économiques et sociales ».

Le syndicaliste, qui sera confirmé le 6 février à la tête de FO pour un quatrième mandat, a aussi pointé ses désaccords avec Pierre Gattaz. Il a soigné pour cela le contraste avec celle qui l’a précédé à la tête du Medef. Laurence Parisot, était « attachée au paritarisme », a-t-il souligné. « Ca a été compliqué mais après on a établi une relation de respect et de confiance ». Jean-Claude Mailly garde un très mauvais souvenir des négociations sur l’assurance-chômage, en mars dernier, avec Pierre Gattaz. Du « jamais vu ! » : les négociateurs avaient jeté les bases d’un accord et le président du Medef « a tout foutu par terre » ; « alors ça a été règlement de compte à OK Corral » au téléphone entre le syndicaliste et le leader patronal. « Tout n’est pas perdu » avec Pierre Gattaz, qu’il n’a dû voir que trois ou quatre fois « en délégation », a cependant - un peu - tempéré le syndicaliste de FO, tout en tirant à boulets rouges sur la négociation sur le dialogue social.

Trop de discussions bilatérales Jean-Claude Mailly a annoncé qu’il allait écrire au patronat et aux autres syndicats pour demander à changer les règles de ces discussions. Le fait qu’elles se passent au Medef, mais aussi la trop grande place des discussions bilatérales du patronat avec tel ou tel syndicat au détriment des séances plénières.