Danemark : la "flexisécurité" danoise peut-elle inspirer Manuel Valls pour lutter chômage ?

, par Michel DECAYEUX

le 28-11-2014 AFP/ NO

Souvent montré en exemple en France pour son modèle de marché du travail qui mélange flexibilité et sécurité, le Danemark n’avait pas échappé aux conséquences catastrophiques de la crise financière de 2008. Son économie, l’une des plus performantes d’Europe, avait même commencé à entrer en crise avant l’automne 2008, en raison de la raréfaction de la main-d’œuvre disponible.

RÉFORME DE L’AIDE SOCIALE SALUÉECes bons chiffres sont salués par les syndicats et les économistes comme résultant en grande partie des réformes engagées par le gouvernement de gauche arrivé au pouvoir en 2011. Présentée en 2013, l’une des principales réformes, celle de l’aide sociale, est entrée en vigueur début 2014. ... Le pays est considéré comme le modèle de la "flexisécurité" du marché du travail. Cela tombe à pic pour Manuel Valls, qui a relancé ces dernières semaines le débat sur une réforme de l’assurance-chômage en France. Un seul chiffre pourrait convaincre Manuel Valls que le système danois vaut le coup que l’on s’y penche sérieusement :

• Le Danemark affiche un taux de chômage officiel de 5%, selon les dernières statistiques.

• En France ? Un nouveau record a été établi jeudi avec 3,46 millions de demandeurs d’emploi sans activité en métropole en octobre. Depuis trois ans et demi, la hausse est quasi continue. Le taux est de 10,5%. "Le Danemark est un pays qui est toujours très innovant sur le plan social, de l’environnement, des transports... ", souligne d’ailleurs un des conseillers de Manuel Valls à l’AFP. Avec une culture du consensus, du dialogue social, une social-démocratie à la danoise. Les discussions devraient être intéressantes pour les réflexions politiques du Premier ministre sur l’évolution des partis sociaux-démocrates en Europe". Qu’est-ce que la "flexisécurité" danoise ? Sur le papier, la "flexisécurité" danoise mêle deux concepts : une grande souplesse pour les employeurs et une réelle sécurité pour les salariés. Dans la réalité, note France Info, le Danemark a une "vision très libérale du marché du travail". C’est le versant flexible du système :

Il n’y a pas de salaire minimum.

• Les procédures de licenciement sont "presque aussi expéditives" qu’aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni.

• Les indemnités de licenciement sont très faibles.

• Les jeunes de moins de 30 ans sans diplômes mais disponibles pour le marché du travail cessent de recevoir l’aide

Là où le système semble rassurant, c’est sur le côté sécurité, qui est la contrepartie de la flexibilité :

• Il existe un contrôle strict des demandeurs d’emploi. Dans les "job centers" danois, l’équivalent des agences de Pôle emploi, les chômeurs rencontre leur conseiller tous les deux mois pour faire leur point sur leurs recherches ou pour préparer des entretiens d’embauche. "Un suivi très individualisé et très strict", explique France info.

• L’indemnisation des demandeurs d’emploi correspond environ à 90% du salaire, avec des plafonds.

• Les formations sont généreuses pour les chômeurs. C’est le coeur du système. Pour toucher le chômage, il faut chercher activement du travail ou suivre une formation. Et pour proposer des formations qualifiantes, l’Etat danois ne lésine pas sur les moyens : prés de 2 % du PIB est consacré aux politiques d’emploi. Le "modèle danois", mis en place avec succès dans les années 90 pour contrer le chômage de masse et un Etat-providence lourdement endetté, n’a toutefois pas échappé ces dernières années à la crise économique. Ni aux tours de vis : la durée maximale d’indemnisation du chômage a ainsi été ramenée de 4 à 2 ans.

Si le pays est souvent acclamé pour sa politique de "flexisécurité", le Danemark "demeure l’un des pays avec la plus forte pression fiscale au monde", fait valoir "Le Monde". Surtout, deux tiers des Danois travaillent dans la fonction publique ou sont dépendants de l’Etat pour leurs revenus

Commentaire : Il serait grand temps que nos politiques comparent ce qui est réellement comparable, de même que leurs conseillers économiques et sociaux à leurs bottes !

Le Danemark c’est 5millions 569 077 habitants au 1er janvier 2014, il y a 6,6 % de chômeurs au 1er juillet 2014 soit environ 185 000_200 0000(source statistiques mondiales) par rapport à la population en âge de travailler. . Une grande parie des emplois sont des emplois de fonctionnaires Les danois ont un pied dans l’Europe et un dehors. Tel par exemple la monnaie, la couronne danoise (DKK) est toujours en vigueur, et 1€ =7,42DKK.

La France c’est 66 millions d’habitants au 1 er janvier 2014 soit 12 fois plus d’habitants et il n’y a pas deux tiers de la population active qui est dans la fonction publique.

S’initier au modèle danois pour en suite imaginer le copier, vouloir le transférer, le transposer dans l’hexagone, il y a vraiment une part de mauvaise foi, pour ne pas dire une malhonnêteté intellectuelle par les tripatouillages de données qui n’ont rien à voir. On ne compare jamais des choux avec des carottes.