Valls loue le « courage » de la CFDT, qui fête ses cinquante ans

, par Michel DECAYEUX

LE 05/11 Les échos

Le Premier ministre, Manuel Valls, a estimé mercredi que le PS aurait dû être aux « cotés » de la centrale en 2003 lors de la réforme des retraites qui avait provoqué de graves tensions en son sein. Il y a les mariages d’amour et les mariages de raison. C’est dans le second groupe que Manuel Valls range ses relations avec les syndicats,si l’on en croît le discours qu’il a prononcé ce mercredi à l’occasion du cinquantenaire de la CFDT. « J’aime l’entreprise », avait déclaré le Premier ministre fin août, lors de l’université d’été du Medef. « Nous avons besoin du syndicalisme, nous avons besoin de syndicats forts », a-t-il affirmé ce mercredi, avouant au passage être un ancien adhérent de la centrale du temps où il était assistant parlementaire. L’intervention du chef du gouvernement, qui a montré à plusieurs reprises sa méfiance vis-à-vis du dialogue social et critiqué le conservatisme syndical, était très attendue. Il a su conquérir l’auditoire. Il faut dire qu’il n’a pas lésiné. Dans l’histoire compliquée des relations entre la CFDT et les socialistes, 2003 est une année particulièrement noire. A l’époque, la centrale dirigée par François Chérèque, qui venait tout juste de succéder à Nicole Notat, avait apporté son soutien à la réforme des retraites qui alignait la durée de cotisation des fonctionnaires sur le privé en échange du départ plus tôt des salariés ayant commencé à travailler tôt. L’épisode provoqua une crise majeure au sein du syndicat et le PS, alors dans l’opposition, l’alimenta à sa façon en accueillant par une ovation Bernard Thibault, alors à la tête de la CGT, à La Rochelle. « Mais je le dis : vous aviez raison et nous aurions dû être alors à vos côtés », a affirmé Manuel Valls, inscrivant la réforme des retraites de 2013 dans la lignée de celle de 2003. A l’époque le premier secrétaire du PS n’était autre que... François Hollande.

Le Premier ministre s’est livré par syndicat interposé à un plaidoyer pro-domo. Il a en effet loué le « courage » de la CFDT, qui « comme une certaine gauche - la deuxième l’a-t-on appelée parfois - s’est rendue à l’évidence : accepter l’économie de marché et considérer le monde dans lequel nous vivons tel qu’il est » . Mais fidèle à sa volonté de marquer sa détermination dans les réformes Manuel Valls a aussi évoqué les « frilosités qu’ [il] trouve parfois excessives » même de la CFDT, affirmant son refus de l’ « immobilisme » que pourrait entraîner un blocage du dialogue social.

« Prendre le temps … Dans la période que nous vivons, où tout va très vite, trop vite ; [...] Où à peine un accord est-il signé, une réforme engagée, qu’il faudrait déjà rouvrir une négociation … Prendre le temps, c’est presque un acte militant. », lui a répondu Laurent Berger, alors que le Premier ministre a, il y a peu de temps, affirmé la nécessité de revoir les paramètres de l’assurance-chômage fixés dans un accord qui n’a pas encore fêté sa première année.