Rantigny : Les salariés de Caterpillar dans la rue

, par Michel DECAYEUX

21 et 22 oct. 2014 Le Parisen, le bonhomme Picard, le courrier Picard

Mardi 21 octobre Des pancartes en forme de cercueil suspendues à l’entrée d’un hangar, une banderole. A l’appel de l’intersyndicale FO-CGT, les salariés de Caterpillar, qui fermera en 2015, sont descendus dans la rue pour faire entendre leur colère face à l’attitude « scandaleuse » de la direction.

Manque d’écoute, de transparence, de présence et de respect de la part de la direction, c’est ce que dénoncent les salariés de Caterpillar qui ont fait grève ce mardi 21 octobre devant le site. Caterpillar avait annoncé la fermeture du site en avril dernier par vidéo interposée, suscitant une première colère des salariés. Aujourd’hui, ces derniers redescendent dans la rue pour dénoncer un accord majoritaire non respecté par la direction et une ambiance au bord de l’implosion sur le site avec le sentiment d’être livrés à eux-mêmes.

« Tout ce que l’on demande, c’est de l’écoute ! Le site va fermer, tout le monde va être licencié, et la direction est totalement absente ! », lâche Loïc Abgrall, délégué syndical FO à Caterpillar. Les salariés se sont mis en grève pour dénoncer l’attitude de leur direction et le non respect des accords concernant un plan de départ volontaire. Le géant américan, spécialisé dans la production d’engins de chantier, a en effet annoncé en avril dernier la fermeture d’ici un an de son site de Rantigny, licenciant du même coup ses 244 salariés. Au terme de cette journée de manifestation, les représentants des salariès ont obtenu une réunion. La direction accéderait à une partie de leurs exigences. Des propositions qui vont être présentées aux salariés afin que ceux ci puissent décider de la suite à donner à leur mouvement.

Contrat non respecté ?

Premier point litigieux : le plan de départ volontaire doit se faire en plusieurs phases. "Pour ceux qui sont déjà partis, l’entreprise demande de signer une clause qui leur interdirait de les poursiuvre en justice. Et s’ils ne signent pas, ils devront quitter leur nouvel emploi et être réintégrés. Une clause que le groupe accepterait de supprimer comme il s’engagerait à verser au personnel une prime de 750 € correspondant à 2000 jours sans accident dans l’usine.

Des salariés à bout

Mais ce que dénoncent aussi les employés, c’est surtout l’ambiance et le manque d’écoutede la direction. Il y a un mois à peine une salariée a fait une tentative de suicide sur le site :"ça a choqué beaucoup de monde, mais personne n’est venu voir comment ça se passait ! Il a fallu attendre une semaine que notre directeur vienne", regrette Loîc Abgrall le délégué FO. Les représentant ont obtenu qu’un responsable soit mandaté pour rester à l’écoute des salariés sur le site.