Le classement 2014 des 100 premières usines de France

, par Michel DECAYEUX

Usine nouvelle 11.07.2014

Poussée de l’aéronautique, stabilité de l’automobile, restructuration dans l’agroalimentaire… Notre palmarès 2014 souligne le dynamisme des grandes usines françaises. Quelque 10 000 emplois ont été créés dans les 100 premiers sites industriels, qui comptent au total 295 000 salariés.

Cinq leçons sur les 100 premières usines de France Cent usines ne font pas toute l’industrie… Mais lorsqu’elles sont les premières de France et qu’elles représentent 20 % de l’emploi industriel total, on se dit quand même qu’il serait bon d’écouter ce qu’elles ont à nous dire. le classement exclusif, qui ouvre le dossier spécial sur les champions du monde de l’industrie, nous en apprend beaucoup sur l’état des différentes filières françaises. Il donne aussi une bonne vision de ce qu’est et de ce que sera l’industrie demain. Vous en tirerez vos propres conclusions, voici les cinq idées que l’on peut retenir de ce palmarès :

1. L’AUTOMOBILE N’EST PAS MORTE

Si elle voit la plupart de ses sites de production perdre des effectifs sur un an, cette industrie demeure l’une des premières de France. Malgré la disparition d’Aulnay, malgré l’effondrement de ses débouchés, elle représente un tiers des sites de ce classement et pèse près de 30 % de l’emploi total.

2. L’INDUSTRIE CRÉE DES EMPLOIS

58 usines ont vu leur effectif progresser sur un an. On s’attendait à une addition nettement plus salée compte tenu du phénomène de désindustrialisation que subit notre pays. Une bonne tenue largement imputable au secteur aéronautique, qui a recruté à tour de bras ces dernières années.

3. L’AERONAUTIQUE (AVEC LA DEFENSE) S’IMPOSE COMME LE MODELE DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE

Que ce soit en nombre de sites (32 contre 33) ou en effectif (environ 118 000 salariés chacun), il fait désormais jeu égal avec l’automobile. Le symbole de cette montée en puissance étant le site d’Airbus à Toulouse, qui campe depuis trois ans en première position de notre « ranking ».

4. L’AGROALIMENTAIRE ? INCONNU (OU PRESQUE)

Trop discret. Ce secteur n’a pas la place qu’il mérite. La première industrie de France en termes d’emplois n’est presque pas présente dans notre classement. Le secteur, composé d’une myriade de petites usines, n’a pas su produire de grands sites industriels. Le premier, celui de Roquette, ne pointe qu’en 26e position. Cet éclatement n’est pas seulement un handicap pour se positionner dans un top 100, il peut l’être aussi pour exporter massivement.

5. LES USINES, C’EST AUSSI DE LA R&D

Dans le top 5 de notre classement, le technocentre de Renault à Guyancourt arrive 4e. Dans l’ensemble, on se rend compte que la R&D occupe une part croissante dans l’emploi industriel. Le centre de design de PSA à Vélizy est 11e. Et, sur les 13 700 salariés d’Airbus à Toulouse (le numéro 1), plus de la moitié est dédiée à la conception. On le savait déjà, mais ce classement le réaffirme haut et fort : l’industrie ce n’est pas que des usines ! On trouve 10 centres R&D parmi les 100 premières « usines » de France La R&D prend de plus en plus de place dans l’industrie française ! C’est l’un des enseignements majeurs du classement des 100 premiers sites industriels de France Le site d’Airbus à Toulouse, première usine de France, comprend, dans les 13 400 salariés qui y travaillent, un bon nombre d’ingénieurs et techniciens dédiés à la recherche et au développement. Si l’on se concentre sur les établissements ne produisant que de la matière grise, on voit que les centres de design des constructeurs français s’imposent en tête de liste. Le Technocentre de Renault à Guyancourt ou celui de PSA Peugeot Citroën à Velizy-Villacoublay pointe en 4e et 11e position. Une performance en forme de bonne nouvelle dans un contexte où l’emploi R&D marque le pas en France.