Moliens : KINDY ne cache plus ses ambitions

, par Michel DECAYEUX

Le Parisien 23 juin 2014

Ce leader de la chaussette, installé depuis plus de cent cinquante ans dans l’Oise, a su s’adapter et se restructurer pour continuer à progresser. Les projets ne manquent pas dont un à l’étranger

SES. PUBLICITÉS DÉCALÉES ont marqué les esprits. Sans forcément en porter, tout ,le, monde, connaît les chaussettes Kindy, celles « qui ne se cachent plus ». C’est à Moliens, une commune rurale de l’extrême nord-ouest de l’Oise, que le groupe s’accroche à son siège depuis cent cinquante et un ans : ’
-  bé l’extérieur, les bâtiments ne paient pas de mine et paraissent étriqués. Une fois à l’intérieur, le visiteur révise son jugement : l’usine s’étire sur 12 000 m2 au sol. Les " machines à tricoter expulsent toutes les trois à sept minutes des chaussettes, les ouvriers contrôlent, assemblent, emballent les paires ... « Le bruit, on ’s’y habitue », dit l’un d’eux -

Conquérir la Russie, les Emirats arabes unis, le Japon Le navire Kindy ne tangue plus trop. « C’est un mal français que de regarder le verre à moitié vide », rétorque Thierry Rousseau, le président du directoire du groupe, lorsqu’on l’interroge sur les difficultés qui ont secoué l’entreprise ces dernières années, avec licenciements en bout, de course. « Le groupe s’est restructuré pour répondre aux marchés d’aujourd’hui et de demain, poursuit Thierry Rousseau. La restructuration est derrière nous.• » En janvier, le groupe a procédé à une augmentation de son capital en bourse. Pari osé pour- la PME familiale qui affichait en juin 2013 un déficit de 1,7 M€. « Cela a été un vif succès, ajoute Thierry Rousseau. Quelque 4,6 M€ ont été levés fin février, ils financeront nos projets de développement et de croissance rentable. }}-

Avec cette bouffée d’oxygène : le navire Kindy amorce un changement de cap vers le haut de gamme et part conquérir des marchés en Russie, aux Emirats arabes unis, au Canada, au Japon ... Si l’écrasante partie de sa production est réalisée en Turquie, au Portugal et en Asie (25 millions de paires en 2012-2013), celle à valeur ajoutée est fabriquée à l’usine de Moliens (1,5 million de paires), « Le made in France est reconnu à l’international. On ne va à l’export qu’avec des produits haut de gamme », plaide l’industriel. Fin 2013, la production de a marque Thyo (chaussettes de sport) a été relocalisée dans l’Oise . En juillet, le groupe Kindy lancera la Bonneterie la Française, une nouvelle marque synonyme du « raffinement à la française ». En septembre, la licence Daniel Hechter devrait « nous ouvrir les portes à l’international, Daniel Hechter disposant• de 350 boutiques à sa marque dans le monde », assure le président du directoire. Achille, Thyo, Hechter, La Française, Kindy made in Fran ce, Innoy’ Activ (une gamme de chaussettes pour la santé) : « Des produits qui ont du sens d’être - ici », résume Charles Damand le directeur industriel. ’Une équipe de stylistes, des consultants spécialisés (podologues), un pôle recherche et développement, des commerciaux se concentrent sur ’ces produits haut de gamme. Et ,Thierry Rousseau vise ,à moyen terme le doublement de cette fabrication française. « Cela ne veut pas dire que l’on• veut sortir de la grande distribution, tient-il à préciser. Bien au contraire, Kindy a pour stratégie de continuer son développement avec les grandes et moyennes surfaces mais, à terme, d’en être moins dépendant. »

La marque Kindy, qui à succédé à celle de la Bonneterie Davesne en 1966, va fêter son demi-siècle en même temps que celui des grandes -surfaces -

Inéluctablement, la nouvelle stratégie de développement passe ra par un renforcement du numérique. Le groupe Kindy détient quatre sites marchands dont Chaussettes.com, acquis en 2013 : « Je veux• en faire le site de la marque des marques de chaussettes :»"lâche le président du directoire. Kindy n’est décidément plus disposé à se laisser marcher sur les pieds ;"" ?’ -