Pierre Gattaz calme le jeu sur le pacte de responsabilité

, par Michel DECAYEUX

LE 12/06 LES ECHOS

Le président du Medef a été reçu ce jeudi à l’Elysée. Pour Pierre Gattaz, la journée de ce jeudi a commencé à l’Elysée et s’est finie à Marseille. Mais dans les deux cas, c’est du pacte de responsabilité dont il a été question. Avec le chef de l’Etat et le Premier ministre le matin. Avec les adhérents du Medef de la région PACA le soir.

La rencontre avec François Hollande était prévue de longue date. Mais elle a permis de renouer le dialogue après l’interview remarquée, et critiquée par le gouvernement, de Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, la semaine dernière dans « Le Figaro ». « L’entretien a été franc et constructif », assure l’entourage de Pierre Gattaz. « Même si le pacte ne va pas assez loin, si plusieurs questions restent non réglées, on veut que le pacte finisse par se concrétiser », poursuit-on au Medef. Pierre Gattaz, à la sortie du rendez-vous, a clairement donné sa position : « Il faut absolument que le pacte de responsabilité se mette en œuvre dans la loi. »

« Un piège de politicard »

Reste à convaincre la base que c’est une opération positive pour les chefs d’entreprise. Jean-Claude Volot, ancien vice-président du Medef de l’équipe Gattaz qui a quitté ses fonctions pour se consacrer à son entreprise, n’a pas fait dans la dentelle, en lançant ce jeudi sur son compte Twitter : « Le Medef ne devrait pas signer ce pacte de responsabilité qui n’est qu’un piège de politicard. »

Ne rien lâcher

Un discours que l’on entend à l’envi chez les adhérents de l’organisation patronale. « Quand je me déplace en régions et que je rencontre des chefs d’entreprise, les 30 ou 40 premières minutes de la discussion tournent systématiquement sur le fait que le pacte est un piège, que le gouvernement nous prend pour des imbéciles, que c’est une erreur », raconte un haut responsable du Medef. « Mais si on sort du pacte, quel est le plan B ? », poursuit-il. « Bloquer le pays, faire la révolution, oui, on sait faire. Et après ? Qu’est-ce qui se passe ? », questionne un autre. Le patronat ne voit pas vraiment intérêt à sortir du pacte, mais tant que les mesures ne sont pas votées au Parlement, la méfiance règne et le président du Medef ne veut rien lâcher. « Pierre Gattaz a un côté CGT canal historique. Il lui faut toujours plus. Mais à un moment il faut sortir de cette surenchère », estime un conseiller du gouvernement. Sortir de la surenchère mais aussi donner des gages, comme le lui demande la CFDT, sur les contreparties. A ce jour, la métallurgie est la seule branche à avoir signé un accord dans ce sens le 22 mai dernier