Près de 14 millions de travailleurs forcés économiques dans le monde, selon l’OIT

, par Michel DECAYEUX

Planet Labor

Dans le monde, le nombre de personnes victimes du travail forcé, de l’exploitation sexuelles et de l’esclavage moderne est estimé à près de 21 millions, dénonce un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), publié le 20 mai. Parmi elles, 14,2 millions sont des victimes de la traite à des fins d’exploitation économique. Dans le secteur privé, le travail forcé génère ainsi 51 milliards de dollars de profits illégaux par an dans le monde

L’esclavage, un crime méconnu mais répandu. Même en France

Le gouvernement vient de présenter un plan de lutte contre la traite des êtres humains. 8.500 personnes en seraient victimes en France. Oui, l’esclavage existe encore. Un crime méconnu qui toucherait 22 millions de personnes dans le monde. En France aussi. D’où le plan de lutte contre la traite des êtres humains, présenté par le gouvernement ce mercredi 14 mai. Les chiffres de l’esclavage "moderne" ? D’après la nouvelle ONG Walk Free, basée en Australie, il y aurait plus de 540.000 esclaves en Europe en 2013. Le nombre de victimes serait même en hausse de 18% en Europe entre 2012 et 2013, selon les estimations d’Eurostat. L’exploitation d’êtres humains n’est pas toujours facile à mesurer mais Walk Free a tenté l’exercice et établi une carte de l’esclavage dans le monde. L’Europe n’est pas le pire continent, mais l’esclavage y existe bel et bien. Exemple : en Pologne. En 2013, le pays comptait plus de 130.000 esclaves selon “The Global Slavery Index” produit par l’ONG. Ce qui en fait le pays européen qui compte le plus de victimes de ce crime.

L’esclavage en Europe (Infographie document PDF)

Même si les estimations sont plus faibles, la France est loin d’être épargnée. En raison de sa situation géographique, l’Hexagone est devenu un important pays de transit. Il y aurait environ 8.500 victimes d’exploitation sur le territoire national. La traite des êtres humains est préoccupante dans notre pays, qui doit faire face à l’extension des réseaux criminels transnationaux”, indique le plan du Ministère des Droits des femmes. En 2013, l’Etat a démantelé pas moins de 45 réseaux internationaux de traite d’êtres humains. Pour contrer le développement de l’esclavage en France, la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a présenté 23 mesures lors du Conseil des ministres du 14 mai. Un plan de lutte qui comporte trois volets : l’accompagnement des victimes, le démantèlement des réseaux de traite et enfin le développement d’une politique publique "à part entière Les femmes et les enfants, principales victimes La priorité du gouvernement est d’identifier les victimes d’exploitation pour les protéger. Le plan prévoit notamment de renforcer les structures d’accueil. Le tissu associatif sera mis à contribution et bénéficiera de moyens supplémentaires. Un "parcours de sortie de la prostitution" est aussi envisagé. Un dispositif d’insertion sociale et professionnelle qui doit répondre à un problème majeur. La prostitution est le principal type d’exploitation d’êtres humains dans le monde. 79% des victimes de la traite sont victimes d’exploitation sexuelle selon les chiffres communiqués par le ministère des Droits des femmes.

INFOGRAPHIES. Le gouvernement vient de présenter un plan de lutte contre la traite des êtres humains. 8.500 personnes en seraient victimes en France.

Estimation du nombre d’esclaves par pays selon "The Global Slavery Index 2013". Les types de traites d’êtres humains Dans le monde, 79% des victimes de la traite des êtres humains sont victimes d’exploitation sexuelle.

Trop longtemps les politiques publiques ont fermé les yeux sur la situation de ces enfants victimes de la traite. Ce temps est révolu", assure le ministère.

En France, ces enfants sont forcés à mendier ou à commettre des délits. Certains peuvent subir une exploitation sexuelle explique le plan de lutte du gouvernement. Le profit annuel de la traite des êtres humains est évalué à 32 milliards de dollars selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). 3 milliards, rien qu’en Europe