Le niveau de vie des retraités va baisser par rapport aux actifs

, par Michel DECAYEUX

le 15.04.2014 et 17 04 le Parisien

Le niveau de vie moyen des retraités va baisser par rapport à celui des actifs, et l’écart devrait se creuser d’ici 2060, selon une étude de l’Insee, publiée ce mardi, consacrée aux réformes successives des retraites depuis 20 ans

En prenant en compte les différentes réformes de retraite, y compris celle de 2014, l’Insee a calculé que les montants des pensions à la liquidation devraient continuer à augmenter, car, grâce aux effets de la croissance, les revenus d’activité se répercutent sur le montant de la pension. Mais l’écart entre les pensions et les revenus d’activité va se creuser.

Ils bénéficient moins de la croissance Ainsi, selon des simulations effectuées par l’Insee, en 2060, le niveau de vie moyen des retraités devrait se situer entre 70 % et 85 % de celui des actifs, alors qu’il était similaire en 2010. Une fois leur pension liquidée, la revalorisation sur les prix assure aux retraités un pouvoir d’achat constant. En revanche, ils ne bénéficient plus des effets de la croissance, à l’inverse des salariés, explique l’Insee.

Pour étudier le niveau de vie moyen des ménages actifs et retraités, l’Insee rapporte les ressources de chaque ménage au nombre de ses membres. Ainsi, si le ratio entre la pension moyenne de l’ensemble des retraités et le revenu d’activité moyen risque de baisser passant de 2010 à 2060 de 66 % à une valeur comprise entre 48 % et 57 %, l’effet sur le niveau de vie ne sera pas aussi fort, les foyers de retraités étant de plus petite taille. Mais leur patrimoine compense La prise en compte d’autres sources de revenus (patrimoine, prestations sociales, etc) relève par ailleurs le niveau de vie relatif des retraités. Celui-ci atteint en effet en 2011 96 % du niveau de vie des actifs, contre 93 % tel que simulé dans l’étude de l’Insee. « Les ménages de retraités ont en effet accumulé plus de patrimoine et sont plus souvent propriétaires de leur logement, ce qui tend à améliorer le ratio ».

Par ailleurs, l’étude constate que si aucune réforme n’avait été entreprise pour les retraites depuis le milieu des années 1980, la part des dépenses de pensions en part du PIB se serait élevée à près de 21 points de PIB en 2060. Avec les réformes, cette part se limiterait à environ à 14 points.

Les pensions des retraités gelées pendant dix huit mois Didier Hotte Secrétaire Général adjoint de l’UCR FO : « C’est de l’acharnement ! »

« Et une attaque de plus contre le pouvoir d’achat et le statut des retraités, ça commence à faire beaucoup ! » s’agace Didier Hotte, 64 ans, de l’Union confédérale des retraités-Force ouvrière (UCR-FO). « C’est si facile de taper sur cette catégorie de la .population. On oublie qu’ils ont cotisé toute leur vie. On fait croire que les retraités sont des nantis par rapport aux jeunes. Nous, on ne peut pas faire grève et nous n’avons pas de réel pouvoir de nuisance dans cette société, alors le gouvernement en profite », dénonce, amer, ce retraité.. En vertu de la réforme des retraites dévoilée l’été dernier, les pensions de base les retraites ne devaient être revalorisées qu’au 1er octobre -contré le 1er avril habituellement. Cependant, hier, Manuel Valls a annoncé que les 13,5 millions de retraités attendront encore dix-huit mois, jusqu’au 1er octobre 2015, pour voir leur pension revaloriser. « Ce n’était pas prévu, réagit Didier Hotte, qui égrène la série de mesurés rognant sur le pouvoir d’achat des retraités ces deux dernières années. Il y a d’abord eu la suppression de la demi-part fiscale supplémentaire pour les parents isolés, les veufs ou veuves, la fiscalisation des majorations accordées aux retraités ayant élevé trois enfants ou plus, puis l’arrivée de cette nouvelle taxe de 0,3 % pour financer la dépendance, la Casa (NDLR : contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie), Enfin, maintenant, voilà le gel jusqu’en 2015. » Cette fois, « toutes les retraites sont concernées, celle du public, du privé, les petites, les , grandes. »Et de lancer : « C’est de l’acharnement ! »

Pour défendre le statut des retraités, il . compte bien descendre dans la rue le 3 juin, lors d’une journée de mobilisation annoncée par la CGT et FO.