Rantigny:Caterpillar officialise l’arrêt de sa producion.

, par Michel DECAYEUX

le Parisien le 19 avril 2014

Rantigny, hier. Dès 2015, Caterpillar amorcera son départ. 244 salariés pourraient se retrouver au chômage. Un « drame » selon l’intersyndicale

Les visages étaient défaits, hier matin, à la sortie de l’usine Caterpillar, à Rantigny. C’est officiel : le géant américain, spécialiste dans la fabrication d’engins de travaux publics, se désengage. La production de compacteurs ne serait plus rentable Elle subit dès pertes importantes depuis 2008, de l’ordre de 2M€ par mois », assure la direction. Marc Wouters, le directeur du site, a annoncé hier matin aux employés que deux des trois lignes de production repartiraient donc dès 2015 ¬janvier puis août - vers les Etats-Unis :’ Un repreneur sera recherché pour la troisième. Aucun licenciement sec ne sera fait en 2014, mais Caterpillar lance un plan de sauvegarde dès la ’Semaine prochaine avec "une période de départs volontaires pour les salariés porteurs de projets professionnels. Nous avons compris que c’était mort. Ce sont 224 familles qui vont rester sur le carreau et tout un bassin d’emploi qui va trinquer », assure David Carpentier, élu CGT.

L’intersyndicale FO CGT dénonce. en effet une course effrénée au profit : « Ce site est rentable ; contrairement a ce qui est dit. »

Les salariés du site, qui ont appris • la nouvelle dès jeudi en comité. d’entreprise extraordinaire, étaient, hier matin encore, sous le choc. « Nous savions que nous étions trop. Mais de la à fermer purement et. simple ment le site ? Non, vraiment,- nous ne nous y attendions pas », confie dépité, un salarié de à Caterpillar. Mais ce que les ouvriers digèrent mal, c’est surtout là présence des gendarmes jeudi et de gardes du corps pour leur directeur• hier matin (‘Ça nous a choqués. Nous ne sommes pas des voyous ! lâche écœuré, Hervé. Ils croient quoi ? Que nous allons tout casser ? Nous’ ne demandons qu’une chose : c’est de bosser. Les voyous, c’est eux. Des voyous à col blanc .... » Un collègue continue : « Les gars sont sérieux. Il y a un vrai savoir-faire. Mais nous ne retrouverons jamais du boulot ici. Il n’y a pas d’emploi dans le secteur. Tout ce que nous souhaitons, c’est ne pas être jetés comme dès malpropres. Nous désirons sortir la tête haute, partir avec dignité. »

De son côté, la direction assure vouloir tout faire pour pérenniser l’activité du site en recherchant un éventuel repreneur : « Il serait envisageable de lui confier en sous-traitance la production des’ rouleaux compacteurs polyvalents sur la 3e ligne, pendant trois ans. Le temps pour lui. de développer sa propre activité pour des clients tiers. Nous sommes confiants. Le site de Rantigny dispose de deux atouts majeurs : le savoir-faire des équipes et un outil industriel de pointe. » Les salariés, eux n’y, croient pas.