En France, le débat sur le niveau du salaire minimum est relancé

, par Michel DECAYEUX

LE MONDE | 05.04.2014

Faites entrer l’accusé ! A quelques jours d’intervalle, le niveau du smic a été désigné par diverses personnalités comme l’un des responsables de la dégradation de l’emploi en France.

Un débat récurrent mais qui prend d’autant plus d’acuité que le gouvernement ne parvient pas – contrairement aux engagements du chef de l’Etat – à inverser la courbe du chômage. A court terme, l’Insee n’entrevoit d’ailleurs qu’une stabilisation de ce taux, à 10,2 % en juin prochain. Cette fois, c’est Pascal Lamy qui a allumé la mèche. L’ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, réputé proche de François Hollande, a plaidé, mercredi 2 avril, en faveur d’une plus grande flexibilité sur le marché du travail.

Pascal Lamy, un temps pressenti pour intégrer le nouveau gouvernement, estime qu’"un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot". C’est une proposition qui risque de faire bondir l’aile gauche du PS. Pascal Lamy, ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et proche du président François Hollande, a plaidé mercredi 2 avril pour plus de "flexibilité" sur le marché du travail, avec notamment des "petits boulots" payés en dessous du Smic. Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes mais je pense qu’il faut, à ce niveau de chômage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic", a-t-il déclaré lors de "Questions d’Info" LCP/France Info/"Le Monde"/AFP.

C’est-à-dire moins que le Smic ? "Oui absolument", a-t-il ajouté. "Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot. Je ne réponds pas ça dans l’absolu, je n’aurais pas dit ça il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage..."

60 miliards d’euros d’économie à trouver

Pour l’ancien commissaire européen socialiste, "il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer". Au risque que cela rappelle le "Smic jeunes" de Edouard Balladur ou le "CPE" de Dominique de Villepin, tous deux abandonnés après des semaines de contestation sociale ? "Ce n’est parce qu’une réforme n’a pas marché ou parce qu’on a reculé devant la pression de l’opinion que c’est une mauvaise idée. Si on prenait tous les réformes qu’on a essayées à un moment, qui n’ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-âge", a lâché Pacal Lamy. Revenant sur les baisses de dépenses promises par le chef de l’Etat, il a estimé qu’elles devraient être au final d’environ 60 milliards d’euros : "50 plus probablement une dizaine pour financer" les baisses d’impôts pour les ménages et de cotisations sociales salariales annoncées lundi.

Commentaire : Allons-nous faire marche arrière de plusieurs décennies où il existait en France plusieurs SMIG (salaire minimum interprofessionnel Garanti) suivant l’endroit géographique où l’on travaillait ? A cette époque les syndicats se sont battus avec les travailleurs à juste titre, pour qu’il n’y ait plus qu’une seule valeur de SMIG sur tout l’hexagone, considérant par exemple qu’un salarié de Pechiney Gardanne (13) faisant le même travail qu’un salarié de Pechiney Chauny (02) devait avoir la même garanti de salaire minimum. Ceci étant vrai pour tous les salariés du territoire national.