FO entraîne CGT, FSU et Solidaires le 18 mars

, par Michel DECAYEUX

21/02 les échos

Jean-Claude Mailly marque un point en élargissant son appel à mobiliser. Il est en difficulté dans son organisation après l’annonce de sa décision de faire un nouveau mandat à la tête de FO en 2015. Autant dire que la décision prise hier par l’intersyndicale d’organiser une journée d’action le 18 mars, que Jean-Claude Mailly préconisait, est bienvenue. Poussé par son extrême gauche, le leader de Force ouvrière en avait lancé l’idée lors d’un meeting à Paris le 29 janvier. Contactés, la CGT, la FSU et Solidaires ont répondu présent et se retrouveront au siège de FO cet après-midi pour s’accorder sur les modalités de l’initiative.

Ce n’est certes pas la première fois qu’une intersyndicale se réunit avenue du Maine. Ce n’est plus tabou, même si c’est très rare. Mais la rencontre est à marquer d’une pierre blanche quand on sait que CGT, FSU et Solidaires s’étaient retrouvés début janvier pour une autre réunion intersyndicale destinée à arrêter une position commune, mais à l’autre bout de Paris, à la CFDT, et sans Force ouvrière. FO avait décliné au motif de désaccords de fond avec la centrale de Laurent Berger sur la loi emploi. Entre les deux organisations, les amabilités fusent. « Pour la CFDT, être contre le pacte de responsabilité, c’est du conservatisme ! Erreur d’analyse : c’est de la résistance », a tweeté Jean-Claude Mailly, en réponse aux propos de Laurent Berger (lire ci-dessus). La CGT et la FSU, elles, n’ont pas peur du grand écart. Si elles arrivent à s’accorder sur un texte commun avec FO et Solidaires, elles vont donc se retrouver signataires de deux déclarations différentes, avec deux signataires différents et deux dates de mobilisation sur des sujets similaires : avec la CFDT, c’est la journée de mobilisation européenne du 4 avril qui est en ligne de mire.

Au lieu de se concentrer sur cette seconde date, selon une stratégie utilisée en son temps par Bernard Thibault pour éviter d’être entraîné dans des mobilisations dont il ne voulait pas, Thierry Lepaon a manifestement craint d’ouvrir une crise dans son organisation, elle aussi sous tension. Le 12 février, il a cédé à la pression de son comité confédéral national, dont une partie est très remontée contre le pacte de responsabilité. Mais le soir même, il affirmait que « ce ne sera pas une journée contre le pacte de responsabilité, mais sur les salaires, l’emploi et le financement de la protection sociale ».

FO, elle, manifestera contre le pacte. Mais Jean-Claude Mailly est trop heureux d’avoir pris la CGT dans ses filets et ne va pas se battre pour lui faire endosser son point de vue. Quitte à accepter du flou dans les mots d’ordre. La mobilisation sera-t-elle pour autant une réussite ? Ce sera en tout cas une première. Le 18 mars, c’est en effet seulement cinq petits jours avant le premier tour des municipales. On savait déjà que le monde des affaires ne respectait plus la moindre trêve électorale. Désormais, les syndicats non plus.