Qatar : Plus de 400 travailleurs népalais morts dans les chantiers du Qatar

, par Michel DECAYEUX

Le Monde.fr | 17.02.2014

Les conditions de travail des ouvriers au Qatar continuent d’inquiéter les ONG. Selon un rapport du comité de coordination népalais Pravasi, plus de 400 migrants népalais sont morts sur des chantiers qataris, alors que le pays se prépare à accueillir la Coupe du monde de football en 2022.

Un tel chiffre pose également la question de savoir combien de travailleurs immigrés sont morts sur les chantiers de la Coupe du monde depuis que le Qatar a été désigné comme pays hôte de cette compétition internationale, en 2010. Comme le souligne le quotidien britannique The Guardian, les Népalais représentent 20 % de la main-d’œuvre immigrée au Qatar. Le Qatar avait déjà été pointé du doigt pour ses pratiques condamnables vis-à-vis de sa main-d’œuvre : en septembre, The Guardian avait ainsi révélé la mort de 44 ouvriers népalais sur les chantiers du Qatar. En conséquence, une délégation syndicale internationale avait été chargée d’enquêter sur les conditions de travail des ouvriers immigrés dans ce pays.

Les chantiers de Vinci interdits aux syndicalistes trop curieuxLa dizaine de membres de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), venus enquêter à Doha, n’a pas été autorisée à visiter le site où QDVC participe à la construction du tramway de Lusail. Cette ville nouvelle en lisière de Doha, qui commence à sortir des sables, abritera le stade de 90 000 places où se disputera la finale du Mondial. Après avoir consulté par téléphone sa hiérarchie, un jeune ingénieur français a expliqué à ses interlocuteurs, venus sans rendez-vous en bonne et due forme, qu’ils ne pouvaient pas pénétrer sur le chantier "pour des raisons de sécurité". La justification n’a pas convaincu les syndicalistes, qui en amont de leur arrivée au Qatar, et avant même le "coup" du Guardian, avaient pris contact avec Vinci Construction. "Nous les avons approchés par plusieurs canaux et nous nous sommes heurtés à un refus catégorique de visite, affirme un synsdicaliste C’est la raison pour laquelle nous avons débarqué sur le site sans prévenir." MANIFESTATION AUX CRIS DE "FIFA CARTON ROUGE"

Le géant du BTP français, qui a récemment remporté un contrat pour la construction du métro de Doha et qui espère se voir attribuer quelques-uns des méga-chantiers du Mondial 2022, n’a pas été le seul importuné par la visite de l’IBB. Il a fallu que la petite troupe manifeste devant le siège du comité organisateur de la Coupe du monde, en criant "FIFA carton rouge", pour que celui-ci consente à les recevoir. Une opération d’agit-prop qui détonne dans ce pays, où les travailleurs immigrés (99 % de la main-d’œuvre dans le secteur du bâtiment) n’ont le droit ni de faire grève ni de former des syndicats.

<font color=red>SALAIRES DE MISÈRE, PASSEPORTS CONFISQUÉS Les ouvriers indiens et népalais ont des Salaires de misère (autour de 150 euros par mois en moyenne), logements exigus et insalubres, passeports confisqués par l’employeur, accidents du travail ignorés, primes non versée

Rappel : Le Qatar investit massivement en France (journal le monde TF1-FR3-la Croix et le Figaro) Petite monarchie pétrolière et gazière du golfe Persique, le Qatar est riche, très riche : cette presqu’île peuplée d’1,8 million d’habitants, dont 200 000 citoyens qataris, était en 2011 au 2e rang mondial en terme de PIB par habitant, et le troisième producteur mondial de gaz naturel liquéfié. Fort d’une immense manne de liquidités, le pays s’est lancé depuis quelques années dans une politique d’investissements étrangers tous azimuts, et la France fait partie de ses destinations privilégiées, au travers notamment de son fonds souverain. Le pays vient ainsi de créer une polémique en annonçant qu’il investirait 100 millions d’euros via un fonds dans les banlieues françaises. S’il est difficile d’obtenir la liste exhaustive des entreprises et établissements français ayant fait l’objet d’investissements issus de la monarchie qatarie ces dernières années, on peut au moins faire l’inventaire de ceux qui sont connus :

Paris, la tête de pont qatarie

BTP et grandes entreprises :
- Le Qatar est depuis 2009 le second actionnaire du groupe français Vinci, numéro 1 mondial du BTP, devant Artémis, la holding de François Pinault.
- Le pays possède également 5 % du groupe Veolia Environnement, via le fonds Diar, depuis 2010. Veolia est l’un des leaders mondiaux du traitement de déchets. Auparavant, le même fonds avait investi dans Suez environnement, autre groupe français.
- Le Qatar a également acquis 12,83 % du groupe Lagardère (médias, sport, défense...).
- Il possède une participation de 2 % dans le groupe de médias et de télécoms Vivendi.
- Il vient aussi d’acquérir 2 % du capital du groupe pétrolier Total, dont il est le troisième actionnaire.
- Le pays possède aussi plusieurs immeubles parisiens, dont le siège du Figaro, 14 boulevard Haussmann, ou l’immeuble abritant le magasin Virgin de l’avenue des Champs-Elysées. Luxe :
- Le monde du luxe intéresse depuis longtemps le Qatar. Ce dernier vient ainsi d’acquérir une série d’hôtels huppés, du Royal Monceau au Concorde Lafayette et l’hôtel du Louvre à Paris en passant par le Carlton, le Martinez ou le Majestic de Cannes. le Palais de la Méditerranée à Nice, le Centre de conférences international qui deviendra l’hôtel Peninsula, et la Société fermière des casinos de Cannes (27%), qui comprend deux casinos (Barrière Croisette et Les Princes.
- Il possède aussi 1 % du capital de LVMH, numéro un mondial du Luxe (Vuitton, Moët & Chandon, Dior, Tag Heuer...) , ou encore le groupe de maroquinerie Le Tanneur à plus de 85 %.
- Il est également actionnaire, à hauteur de 6,39 %, de la Société des bains de mer de Monte-Carlo. Sport : C’est sans doute l’acquisition la plus connue : en 2011, le pays a racheté le club de football Paris-Saint-Germain, ainsi qu’une grande partie des droits de retransmission télévisuelle de la ligue 1 de football. Mais ce n’est pas la seule. Le pays possède ainsi depuis juin le club de handball de la ville de Paris via le fonds QSI. Il est également propriétaire du Prix de l’arc de Triomphe qui se tient une fois par an à Paris.

Depuis 2008, les Qataris bénéficient d’un régime fiscal particulier accordé par l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy et le gouvernement Fillon. : Ils sont exonérés de taxe sur les plus-values immobilières. Par ailleurs, un Qatari ne paie pas d’impôt sur la fortune (ISF) durant ses cinq premières années de résidence en France. Il a fallu une intervention conjointe du Premier ministre François Fillon, de la ministre de l’Economie Christine Lagarde et d’Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva, pour empêcher in extremis l’entrée à la fin de l’année 2010 du Qatar dans le capital du fleuron français du nucléaire. Le président François Hollande a assuré le 22.6.2013, depuis Doha, que les relations entre les deux pays étaient au beau fixe preuve de la solidité des liens tissés par Nicolas Sarkozy avec le riche émirat.et qu’il souhaitait marcher dans ses pas pour continuer à profiter des investissements massifs effectués par le Qatar.

Commentaire Le Qatar est le reflet de la société actuelle sur cette terre qui est dominée par l’argent roi. Il y a un retour sans précèdent à l’esclavage au nom de la compétitivité, de la rentabilité dans cette guerre économique que se livrent sans merci les mille plus riches familles de la planète. Comment les dirigeants politiques de la France (Pays où l’esclavage a été aboli en 1794) puissent fermer les yeux sur certains pays qui pratiquent encore ces méthodes et se veulent partenaires de la France au nom du culte du veau d’or ? Le Qatar cherche sans cesse des alliés, des obligés et toute forme de reconnaissance : diplomatique, économique, financière, et sportive... Il est le conseiller, le financier, le partenaire, l’intermédiaire de tout le monde ou presque : des Etats-Unis et d’Israël, de l’Arabie saoudite et de l’Iran, de l’Autorité palestinienne, du Hamas, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Syrie, du Liban Le Qatar (dont l’Emir est Hamad al Tami), Principal financier, sponsor, d’un certain nombre de pays d’ailleurs considéré par certains comme sauveur d’entreprises du CAC 40, de magasins, de clubs sportifs, mais aussi financier et sponsor de nombreux mouvements prosélytiques (frères musulmans), voir extrémistes en Egypte, en Libye, en Syrie, au Soudan, au Mali, quant ce pays (le Qatar) d’une monarchie absolue, n’est pas pour eux une terre d’asile ! Il est évident que le Qatar à plusieurs fers au feu, il joue derrière une face obscure un double jeu, se payant avec des pétrodollars et la sueur d’esclaves (travailleurs émigrés) les bons offices d’un président de pays démocratique et en même temps ceux d’un jihadiste du Pakistan ou d’ailleurs. Il est clair que ces investissements du Qatar ne sont pas gratuits. Pour ce qui est de la France même si l’Emir et sa famille aime bien notre pays, son patrimoine, que l’école polytechnique a eu en son sein un des ses membres. Il est fort à parier que la France lui sert de carte de visite mondiale. La France « est le sauf conduit de moralité » pour la pétromonarchie de ce Pays qui a soif de reconnaissance mais pour quels objectifs à terme ?

Y réfléchir, se poser la question, c’est déjà y répondre pour peut être sauvegarder l’avenir de notre pays tel que nous le connaissons avec ses valeurs républicaines qui sont Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité.