Amiante : les anciens de Rieter témoignent de leur anxiété

, par Michel DECAYEUX

18/02/2014 Le courrier Picard

Des anciens salariés de l’entreprise Rieter, exposés à l’amiante, espèrent faire reconnaître leurs préjudices au regard de la justice. Nous voulions acheter un camping-car pour notre retraite », soupire Nicole Beuvain. Le 21 octobre 2012, ses rêves s’effondrent. Après sept ans de maladie, son mari Jacky s’éteint à la suite d’un cancer de la plèvre et des poumons. Il était âgé de 65 ans. Lui, comme tant d’autres, a travaillé dans l’entreprise Rieter, spécialisée dans l’insonorisation et l’isolation des véhicules. Son site, implanté à La Chapelle-aux-Pots, fait parti de la liste des établissements classés amiante.

Peu onéreux mais toxique

Pas celui d’Ons-en-Bray. « Nous aussi nous avons travaillé avec de l’amiante. Ils ont même payé des mécaniciens pour qu’ils désamiantent le site tout un week-end. Ceux-ci avaient des combinaisons », confient certains d’entre eux, sous couverts d’anonymat.

Hier, lundi 17 février, les ex-Rieter étaient rassemblés à la salle des quatre vents, à Saint-Aubin-en-Bray, à l’ouest de Beauvais. Ils étaient venus s’informer sur la procédure à suivre pour la reconnaissance et la réparation du préjudice d’anxiété.

Un matériel performant, peu onéreux, mais toxique, provoquant des maladies du système respiratoire et/ou génital. Celles-ci peuvent se déclarer bien des années après l’avoir inhalée. Le 11 mai 2010, le préjudice d’anxiété a été reconnu par la Cour de Cassation. Cette inquiétude, tous l’ont en tête. « Je contrôlais la matière sur les chaînes. J’ai perdu mon papa d’un cancer de la plèvre. Il a beaucoup souffert », confesse Pascale Lambard. D’autres employés voient leurs copains s’en aller peu à peu.