Beauvais : Nestlè ne produira plus de plats surgelés fin mars

, par Michel DECAYEUX

le Parisien le 20février 2014

Un plan de 165 départs volontaires à la clé.

La fabrication des plats surgelés cuisinés de l’usine Nestlé de Beauvais ne passera pas le printemps. Annoncé, en octobre dernier, pour la fin du premier semestre de cette année, l’arrêt des lignes de production de plats surgelés cuisinés sera effectif d’ici la fin mars. C’est bien une page de l’histoire de l’industrie beauvaisienne qui se tourne définitivement.

Mardi soir, au terme de quatre .mois de négociation, les accords liés au « plan de transformation » de l’usine de Beauvais (environ 500 salariés), ont été signés par la direction et trois des quatre syndicats représentant le personnel.

Ces accords prévoient la suppression de 165 postes via un plan de départs volontaires. « Toutes les personnes ayant atteint 57 ans avant le 31 décembre 2015 pourront partir en cessation anticipée d’activité », explique Patrice Raut, directeur du site. Les « . volontaires » ont jusqu’au 30 juin pour se manifester tandis que les départs s’étaleront jusqu’à la fin 2015. Parallèlement, l’organisation du temps de travail a été remise à plat. Si la durée hebdomadaire reste fixée à 32 h 30 avec un système de ,modulation en fonction des exigences de la production des crèmes glacées, la possibilité de six jours de travail consécutifs est ouverte et le décompte des pauses crée douze jours supplémentaires de travail. .

FO a signé le plan dans la douleur

« Ce plan vise à améliorer la productivité du secteur crème glacé (NDLR : objectif de production fixés à 47 millions de litres pour 2014 et 51 millions de litres pour 2016) et à assurer la pérennité du site même sans J’activité surgelée », rappelle Patrice Raut. « En signant les accords, les partenaires sociaux ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités, permettant ainsi de réunir les conditions propres à la réussite de ce projet d’avenir pour le site de Beauvais. »

Une signature qui s’est faite dans la douleur pour Force ouvrière (FO), le syndicat majoritaire dans l’entreprise. « On ne nous a pas vraiment laissé le choix : c’était ça ou des licenciements économiques », lâche. Francis Minet, secrétaire FO du comité d’entreprise et du comité central d’entreprise de Nestlé, qui rappelle que 95 % des salariés sondés par le syndicat durant la période de .négociations l’avaient encouragé à signer ces accords. « Il vaut forcément mieux qu’une personne de 57 ans qui en a assez, puisse partir de l’entreprise si elle le souhaite, plutôt qu’un jeune de 30 ans se retrouve à Pôle emploi. »