Amiens : L’industrie, un choix d’avenir

, par Michel DECAYEUX

le 08/02/2014 le Courrier picard

Odeur du métal chauffé et ronron des moteurs électriques… Dans le grand atelier de l’AFPI d’Amiens (Association pour la formation professionnelle de l’industrie), Geoffrey Bruno et Alexandre Carpentier finissent de régler la commande numérique de leur tour à métaux . Le premier est apprenti en technique d’usinage chez Valéo Amiens ; le second chez Huchez-Treuil à Ferrières, dans l’Oise. Tous deux se sont mobilisés ce samedi pour faire découvrir leur futur métier, mais aussi les vertus de la formation en alternance. Proméo, la marque qui regroupe l’ensemble des activités de l’AFPI, ouvrait grand les portes de ses huit sites de Picardie. L’enjeu : faire découvrir aux familles et aux jeunes en particulier, les métiers de l’industrie dont on imagine mal aujourd’hui qu’ils représentent un gisement d’emplois. Singulièrement en Picardie, vieille terre d’industrie qui concentre quantité de PME, souvent en mal de main-d’œuvre qualifiée. Vilipendée pendant une trentaine d’années, l’industrie peine aujourd’hui à remonter la pente et à s’installer dans une image positive. « L’idée de ces portes ouvertes, c’est de rappeler aux jeunes que l’industrie offre aujourd’hui de réelles perspectives d’emplois, rappelle Cécile Ponthieu, directrice des formations du centre d’Amiens. En particulier lorsque la formation s’effectue en l’alternance, un système qui confère une excellente employabilité. ». Les entreprises font leur marché en direct

Opérateur régleur de machines outils, soudeur, tuyauteur, technicien d’usinage, pilote de ligne de production, techniciens de maintenance… Proméo, institut de formation lié à la branche professionnelle de la métallurgie, propose pas moins de 140 formations diplômantes dispensées en alternance, du CAP au titre d’ingénieur en passant par les bacs pros, BTS et autre master. Maxime Benoît fait partie des convaincus qui ont poussé ce samedi les portes de l’AFPI ; élève en terminale S au lycée Lamarck d’Albert, il espère intégrer un BTS CPI (conception de produits industriels) au mois d’août prochain. Son rêve : décrocher un contrat en alternance chez Aérolia Méaulte. « C’est aussi le but de ses journées portes ouvertes, rappelle Cécile Ponthieu. Nous collectons les candidatures, organisons un entretien pour ceux qui se fixent sur un métier précis, et instruisons les dossiers. Et le 15 mars prochain, nous aurons sur place les industriels à qui nous pourrons présenter des candidats qui ont le profil recherché pour les postes qu’ils proposent en alternance ». Une sorte de speed-dating version métiers de l’industrie, au cours duquel les PME régionales, mais aussi des grandes entreprises telles que Procter-Gamble, Ajinomoto ou la SNCF pourront en direct, « faire leur marché ». Une aubaine pour les jeunes intéressés par une formation en alternance dans l’industrie. Car l’apprentissage, en dépit des discours des décideurs et des souhaits des milieux économiques, peine encore à s’imposer en France comme un modèle en matière de formation professionnelle. Illustration : la Région Picardie espère depuis des années hisser à 18 000 par an le nombre des parcours en apprentissage. Un chiffre qui plafonne à 12000, en partie du fait de la timidité des chefs d’entreprise, le nombre des maîtres d’apprentissage n’étant pas toujours à la hauteur des enjeux. Jean-Luc Tirard est à la tête d’une TPE de trois salariés à Amiens. Visite des ateliers de chaudronnerie, d’usinage… « La structure que je dirige est très petite, il me faut donc des gens très polyvalents, rappelle le chef d’entreprise. Les formations dispensées ici ont le bon profil. » Dans les semaines qui viennent, il recrutera en apprentissage Mickaël Lamy, 19 ans, élève en bac pro MEI (Maintenance en industrie) au lycée Edourd-Branly à Amiens : « L’école c’est pas trop mon truc, rappelle le jeune homme. L’alternance me conviendra davantage je crois et j’aime bien l’usinage ». Illustration du fait que la formule de l’apprentissage séduit de plus en plus. à la fois pour son côté « pratique », et surtout pour cette immersion en entreprise, devenue synonyme « d’employabilité ».

Découverte en alternance des métiers de l’Industrie