Le Medef prêt à s’impliquer dans le "pacte de responsabilité" de Hollande

, par Michel DECAYEUX

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"Il faut cependant avancer rapidement car il y a urgence", selon le président de l’organisation, Pierre Gattaz. Le Medef, plus grande organisation patronale de France, s’est dit mercredi 1er janvier prêt à participer activement au "pacte de responsabilité" aux entreprises proposé mardi par François Hollande. Lors de ses voeux aux Français mardi, le président a en effet lancé l’idée d’un pacte qui allégerait les contraintes des entreprises afin de "gagner" la "bataille" de l’emploi.

Le Medef est prêt à participer et à s’impliquer activement pour bâtir concrètement le pacte annoncé par le président de la République. Il faut cependant avancer rapidement car il y a urgence", assure Pierre Gattaz, le président de l’organisation, dans un communiqué.L’organisation rappelle qu’elle avait déjà proposé mi-novembre un "pacte de confiance pour la croissance et l’emploi". Et pour elle, ce type d’initiative doit passer par le lancement de cinq chantiers indispensables : l’allégement de la fiscalité des entreprises, la diminution du coût du travail, la simplification, la baisse des dépenses publiques et la diminution des obstacles à l’emploi.

Le pacte de François Hollande est "fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités. Et, en même temps, une contrepartie : plus d’embauches et plus de dialogue social", avait détaillé mardi le président lors de son allocution. Car pour lui, il n’y a "qu’une priorité, qu’un objectif, qu’un engagement, c’est l’emploi". Alors qu’il s’était engagé à inverser la courbe du chômage fin 2013, celui-ci est reparti à la hausse en novembre avec 17.800 demandeurs d’emploi sans activité supplémentaires, après une baisse en octobre. Fin novembre, 3,29 millions de demandeurs d’emploi sans activité pointaient à Pôle Emploi. Les chiffres pour décembre et donc pour l’ensemble de l’année seront dévoilés fin janvier.

Pierre Gattaz et Fleur Pellerin veulent une France high-tech qui "chasse en meute Lors de la soirée "French Tech" au CES de Las Vegas le 7 janvier, la ministre de l’Economie numérique Fleur Pellerin et le président du Medef Pierre Gattaz ont parlé d’une même voix pour vanter les success stories de la High Tech "made in France".

Le patron des patrons, prompt à critiquer l’absence de cohérence de la politique gouvernementale, notamment en matière de fiscalité, range ses armes au moment de vendre la France à l’étranger. Il préfère louer son "audace créatrice", son dispositif du crédit impôt recherche "parmi les meilleurs du monde", son administration "qui fonctionne bien", cette "terre d’accueil agréable à vivre". "Une start-up République" Fleur Pellerin, présente à ses côtés, ne peut qu’applaudir des deux mains.

Patronat et exécutif main dans la main

Après le vœu de François Hollande de signer un "pacte de confiance" avec les entreprises, librement inspiré des propositions de Pierre Gattaz, l’exécutif et le syndicat patronal semblent parler encore une fois d’une même voix.

Le « pacte de responsabilité » laisse les syndicats en ordre dispersé

Dubitatifs sur le « pacte de responsabilité » proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l’incapacité d’adopter une position commune A l’exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que « la période n’est pas propice à des manifestations communes » et qui met en avant « beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres » –

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l’emploi des jeunes et des seniors. « Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l’emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. » Chaque organisation devait trouver les bases d’une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l’UNSA sur l’emploi, la CGT sur les salaires. « La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d’anonymat, n’a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l’histoire, c’est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d’assumer une ligne. »

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. « Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s’il s’agit d’un socialisme de l’offre mais il y a une accentuation d’une politique économique de l’offre avec l’objectif d’une baisse des impôts. » « Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d’embaucher. »