Montataire : La société Goss liquidée

, par Michel DECAYEUX

le courrier Picard le 9 janvier 2014

Le tribunal de commerce de Compiègne a prononcé la liquidation du fabricant de rotatives. Pas vraiment une surprise, pour les ex-salariés de Montataire. C’est les soldes, liquidation totale ! », plaisantait Denis Tomczak, délégué CGT et secrétaire du comité d’entreprise, dans l’enceinte du tribunal de commerce de Compiègne. Le syndicaliste riait jaune. Après plusieurs renvois au cours des derniers mois, la juridiction a finalement prononcé la liquidation judiciaire de la société Goss International France, qui exploitait une fabrique de rotatives à Montataire, hier mercredi 8 janvier. La vingtaine d’ex-salariés présents dans le tribunal s’attendait à cette décision. « Ce n’est pas une surprise, et cela ne va pas changer grand-chose pour les 250 personnes de Montataire qui sont au chômage depuis l’été dernier », poursuivait Denis Tomczak.

La contre-offensive se prépare en appel et aux prud’hommes

Sitôt la décision connue, Georges Oganesoff, représentant de la CFDT, annonçait qu’une procédure serait engagée en appel. « Cette liquidation judiciaire a été voulue par Goss », affirme le syndicaliste. L’avocat des salariés, Me Roger Koskas, dit la même chose : « Le bilan a été déposé de manière frauduleuse, selon nous. Goss avait décidé de se réorganiser, en conservant une usine aux États-Unis, où les coûts de fabrication sont inférieurs en raison du taux de change, et une autre en Chine. »

Les salariés ont toujours contesté l’offre de la filiale néerlandaise du groupe, Goss International Europe, prévoyant la reprise de 123 des 423 salariés répartis entre les sites de Nantes (Loire-Atlantique) et Montataire. L’offre avait été validée par le tribunal de commerce le 25 juillet dernier. « L’objectif pour le groupe américain, qui savait qu’aucune autre société ne ferait une proposition de reprise, était de conserver le service commercial et le service après-vente, tout en laissant la société originelle mourir », poursuit l’avocat. La cession avait été attaquée devant le tribunal administratif d’Amiens, qui avait rejeté le 7 novembre dernier la demande des Goss. Ceux-ci se sont pourvus en cassation.

Un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est en cours. « Nous allons aussi attaquer aux prud’hommes, en faisant valoir que le motif économique du licenciement n’est pas fondé », annonce Denis Tomczak. Le feuilleton Goss est amené à se poursuivre.