Smic : +1,1% au 1er janvier, le gouvernement s’en tient au minimum

, par Michel DECAYEUX

16.12.2013 AFP

Cette fois, c’est officiel. Le Smic augmentera de 1,1% au 1er janvier prochain, le minimum légal et pas plus. Le ministre du Travail Michel Sapin a confirmé ce lundi à la Commission nationale de la négociation collective (CNNC) ce qu’il avait déjà laissé entendre la semaine passée : le gouvernement ne donnera pas de coût de pouce supplémentaire au salaire minimum, malgré les demandes des syndicats Une hausse de combien ?

La hausse, qui se limite donc aux mécanismes légaux, porte à 1.445,38 euros le salaire brut mensuel (9,53 euros de smic horaire) —au lieu de 1.430,22 (9,53 euros/h)— pour les salariés aux 35 heures, a annoncé le ministre aux partenaires sociaux. En net, pour ces salariés, cette augmentation devrait représenter environ 12 euros par mois, avec un salaire mensuel de 1.113 euros en moyenne. Environ 3,1 millions de salariés -soit 13% de l’ensemble des salariés en France- étaient rémunérés au Smic au 1er janvier 2013, selon une estimation publiée dernièrement par le ministère du Travail.

Après son élection, en juillet 2012, François Hollande avait décidé d’une hausse exceptionnelle de 0,6%, pour « rattraper ce qui n’a pas été accordé » aux smicards durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Au 1er janvier dernier, le gouvernement avait ensuite choisi de s’en tenir à la hausse légale (+0,3%) pour les 3,1 millions de smicards, qui travaillent majoritairement dans le privé (1,9 million), notamment dans l’hôtellerie, la restauration et le tourisme.

Ça change quoi ?

Cette revalorisation -supérieure à l’inflation qui atteint 0,6% sur un an- « préserve le pouvoir d’achat et l’emploi des moins qualifiés (...), alors que s’amorce l’inversion de la courbe du chômage », a expliqué ce lundi le ministre du Travail. « Par la seule application des nouvelles règles de calcul » du Smic, « il y a un gain de pouvoir d’achat », avait-il déjà fait valoir vendredi Les syndicats ne sont pas de cet avis.Pour la CGT, le salaire minimum devrait aller « dans un terme rapide à 1.700 euros bruts par mois ». La CFTC demandait elle aussi que le gouvernement aille « au-delà de ce que prévoit la loi, contrairement aux recommandations (du groupe d’expert sur le Smic) qui ne prennent pas en compte les augmentations de prix à venir, notamment de l’électricité et des conséquences de la hausse de la TVA ».

Le numéro un de FO Jean-Claude Mailly avait quant à lui réclamé dimanche un coup de pouce d’« au moins un point ». Pour lui la hausse légale de 1,1% « est très nettement insuffisante » alors que « près de 30% des salariés à temps partiel sont au Smic et notamment des familles monoparentales ».Pourquoi refuser un coup de pouce ?

Le Smic est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier en fonction de l’évolution des prix (intégrant le loyer et l’énergie) et de l’évolution du salaire réel de base des ouvriers et employés, selon de nouvelles règles instituées en février dernier. Le gouvernement avait alors précisé que la croissance, aujourd’hui atone, serait un « élément d’appréciation » pour décider d’un éventuel coup de pouce.

En refusant un nouveau coup de pouce, Michel Sapin suit les préconisations du groupe d’experts sur le Smic, chargé depuis 2008 d’« éclairer » le gouvernement sur les évolutions du salaire minimum Craignant notamment qu’une « hausse du Smic ne se traduise in fine par une baisse de l’emploi et une perte de compétitivité ». Ces experts font aussi valoir que le Smic en France est « aujourd’hui

RTL le 15 décembre 2013

Mailly réclame une hausse du Smic d’un point au moins Invité dimanche sur RTL, dicmanche, Jean-Claude Mailly, a évoqué l’annonce par le gouvernement de la revalorisation du Smic. « Si on pouvait avoir un coup de pouce d’au moins un point, ce serait quelque chose de bien », a affirmé le secrétaire général de Force ouvrière, rappelant qu’une réunion avec les syndicats aura lieu lundi au ministère du Travail sur la revalorisation du salaire minimum au 1er janvier 2014. Pourle leader de FO, la hausse automatique de 1,1% du Smic, liée notamment à l’inflation, « est très nettement insuffisante pour les salariés ». Il fait valoir qu’on « n’a quasiment pas eu de coup de pouce depuis que le gouvernement est en place ». En juillet 2012, le gouvernement avait décidé d’un coup de pouce de 0,6%. « Près de 30% des salariés à temps partiel sont au Smic et notamment des familles monoparentales », a rappelé Jean-Claude Mailly. Selon lui, « l’une des raisons pour lesquelles l’économie française patine, c’est que la consommation n’est pas assez élevée". La relancer "passe aussi par l’augmentation du Smic ».