Retraites chapeau : Sondage : 77% des Français veulent une loi qui les interdisent

, par Michel DECAYEUX

30.11.2013 Le Parisien

Revenues sur le devant de la scène avec le prochain départ de Philippe Varin, patron de PSA, les retraites chapeaux scandalisent près de 8 Français sur 10. Les syndicats s’emparent de ces questions.

L’affaire Varin n’en finit pas de choquer les Français… Selon notre sondage exclusif avec i > télé BVA, 77% des Français sont partisans d’une loi interdisant les retraites chapeaux , ces pactoles que s’attribuent discrètement les grands patrons afin de compléter leur retraite. Même chez les sympathisants de droite, ils sont 68% à réclamer une telle interdiction. D’une façon générale, les Français commencent à se lasser de ces bonus, golden parachutes ou golden hello, qui propulsent la rémunération des grands patrons à des niveaux qu’ils jugent stratosphériques en ces temps de crise : 70% d’entre eux — 54% chez les sympathisants de droite — se disent ainsi favorables à une loi évitant qu’un patron gagne plus de 12 fois qu’un salarié qui se trouve au plus bas de l’échelle dans son entreprise. Confrontés à des troupes de plus en plus exaspérées face aux efforts demandés, les syndicats n’hésitent plus, eux aussi, à dégainer sur ce terrain sensible

Le Medef s’est félicité que Philippe Varin ait abandonné sa retraite chapeau. L’organisation patronale a dû être bien soulagée de ne pas avoir à se prononcer sur le sujet. En réalité, il lui aurait été bien difficile de justifier cette retraite supplémentaire "grâce au code Afep-Medef". En réalité, son dispositif de retraite avait toutes les chances de ne pas être conforme ou alors au prix de contorsions acrobatiques. Ce qui aurait été bien ennuyeux pour le patronat. Mais ce n’est certainement pas à cause d’une cupidité particulière de M. Varin. Si cette retraite n’était pas conforme, c’est que ce code navigue dans le non-dit d’un système légal et fiscal qui n’est pas adapté à la problématique de rémunération des dirigeants comme de nombreux cadres de haut niveau. Et de ce système, ni le législateur, ni les entreprises ne savent comment se sortir dans un pays où les rémunérations élevées sont périodiquement vécues comme un scandale national