Union Européenne : Bruxelles tance l’Allemagne sur ses excédents

, par Michel DECAYEUX

13.11.2013 AFP

les politiciens sont outrés », selon le « Spiegel ». La Commission européenne a lancé mercredi un « examen approfondi » sur les excédents commerciaux de l’Allemagne, défavorables aux exportations des autres pays européens. . Une procédure inédite jusqu’ici qui concerne, de surcroît, le « bon élève » de la zone euro. Il s’agit de « voir si l’Allemagne peut faire plus pour aider à rééquilibrer l’économie européenne », a expliqué le président de la Commission, José Manuel Barroso. Mais c’est une façon aussi pour Bruxelles rappeler le manque de compétitivité français. L’Allemagne punie pour son succès ?

Le pays est régulièrement attaqué pour sa dépendance envers les exportations et la faiblesse de sa demande intérieure, qui pénalisent les exportations de ses voisins européens comme la France, l’Italie ou le Royaume-Uni. Cela se traduit par un excédent commercial supérieur à 6% du PIB depuis 2007, au-dessus des niveaux retenus par Bruxelles dans son étude des déséquilibres macroéconomiques.

En septembre, il s’est établi à un niveau record, à 18,8 milliards d’euros, avec une hausse de 1,7% des exportations et un recul de 1,9% des importations. Le Fonds monétaire international et les Etats-Unis avaient déjà demandé à Berlin de soutenir davantage la demande intérieure. Les résultats de « cet examen approfondi » devraient être connus au printemps, avec une sanction (peu probable toutefois) qui pourrait atteindre 2,5 milliards d’euros, selon un calcul de l’hebdomadaire « Der Spiegel ». Chefs d’entreprise et les politiques voient là comme une injustice, c’est comme si « l’Allemagne était punie pour son succès ! » Mais le site rappelle que Berlin a approuvé les nouvelles prérogatives accordées à Bruxelles depuis le début de la crise. Les bas salaires pratiqués en Allemagne (où il n’existe pas de salaire minimum) contribuent par ailleurs à la compétitivité du pays. Il y a deux semaines, le Trésor américain avait déjà adressé une virulente critique au modèle allemand, fustigeant une demande anémique et des excédents néfastes pour l’Europe, voire pour toute l’économie mondiale. La France épinglée pour son manque de compétitivité

Pour apaiser les esprits, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a rappelé que l’Allemagne était bien le « moteur de la croissance en Europe ». Il a promis que l’examen serait mené « avec un esprit ouvert et sans idées préconçues ». La Commission « ne critique en aucun cas la politique économique allemande et sa compétitivité », a-t-il assuré.

Quinze autres pays européens ont été épinglés mercredi dans le cadre des prérogatives de la Commission en matière de surveillance des déséquilibres économiques. Parmi eux, la France, deuxième économie de la zone euro, qui souffre d’un manque de compétitivité conjugué à un endettement massif. Bruxelles a déjà demandé à Paris « d’adopter des mesures décisives », la nouvelle enquête devra évaluer « la persistance de ces déséquilibres ». Il en est de même pour l’Italie et la Hongrie. Les deux pays souffrant des déséquilibres les plus critiques restent l’Espagne et la Slovénie. Travailler, exporter et après ?