Perte du AA+ : le prix Nobel d’économie Paul Krugman défend la France

, par Michel DECAYEUX

Le Monde.fr | 10.11.2013 et le New York Times

Le prix Nobel d’économie, l’Américain Paul Krugman, prend la défense de la France, dans une chronique sur son blog "La conscience d’un libéral" sur le site du quotidien américain New York Times, dont la note a été dégradée de AA+ à AA, vendredi 8 novembre, par l’agence de notation Standard and Poor’s. "Ne prenez pas cette dégradation [de la note française] comme la démonstration que quelque chose ne va vraiment pas dans l’état de la France.

La France cible d’un complot

Cela tient davantage de l’idéologie que d’une analyse économique défendable", estime-t-il. la France est depuis plus d’un an ciblée par une propagande négative, menée pour des raisons idéologiques par les tenants de l’austérité à tout prix. Des attaques qui auraient presque des airs de complot, avance le Prix Nobel.

Les agences de notation n’ont aucune information particulière sur la solvabilité nationale — surtout pour de grands pays comme la France", argue Paul Krugman. Le prix Nobel d’économie pointe que Standard and Poor’s n’a pas de connaissance en interne de l’état des finances françaises. Il note ainsi que les projections faites par le Fonds monétaire international (FMI) pour la France jusqu’en 2018 sont notamment meilleures que celles de la Grande-Bretagne. Selon le FMI, la France est un peu moins endettée que la Grande-Bretagne et l’écart entre les deux pays devrait se creuser.

Standard and Poor’s justifie la dégradation de la note française par le fait que la France n’a pas procédé aux réformes nécessaires pour améliorer ses perspectives à moyen et long terme. Mais, souligne Paul Krugman, "que sait-on vraiment des réformes économiques qui générent de la croissance et quel pourcentage de croissance sera généré ? La réponse est pas grand chose !". "Je suis désolé, poursuit-il, mais quand Standard and Poor’s se plaint du manque de réforme, il se plaint en fait de ce que Hollande augmente, plutôt que baisse, les impôts sur les plus hauts revenus, et qu’il n’est pas assez favorable, de façon générale, au libre-marché pour satisfaire les principes de Davos."

Une punition sans aucun sens