Le déficit extérieur à mi-année revient sous le seuil des 30 milliards

, par Michel DECAYEUX

07//08 Les échos

Le déficit commercial hors énergie chute de 40 % sur six mois. En vedette : l’aéronautique et l’agroalimentaire. L’embellie reste fragile car avant tout liée au repli des importations. Les exportations repartent timidement en juin. Même si tout est loin d’être rose, le bilan à mi-année du commerce extérieur qui sera publié ce matin par les Douanes vient compléter, estime le gouvernement, la liste des indicateurs économiques qui s’améliorent. Le solde commercial de la France, encore largement déficitaire, retrouve quelques couleurs au premier semestre, à 29,96 milliards d’euros de déficit. A titre de comparaison, l’Allemagne affiche un excédent de 90 milliards pour la même période...

Mais ce déficit semestriel recule de 16 % par rapport à la même période de 2012 et repasse sous le seuil symbolique des 30 milliards, systématiquement dépassé depuis 2010. A l’époque, le déficit sur six mois avait atteint 24,9 milliards avant d’exploser à 38,9 milliards au premier semestre 2011 puis de légèrement refluer à 36,2 milliards sur les six premiers mois de 2012. Bercy peut désormais viser un déficit sur l’année inférieur à 60 milliards (contre 67 milliards en 2012).

Surtout, le déficit commercial hors énergie recule de 40 % par rapport à la même période de 2012 (à 5,6 milliards). Pour rappel, le déficit hors énergie de 2012 avait déjà diminué de près de moitié, pour s’établir à 15 milliards sur l’année. Or, Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, a pour mission de le ramener à l’équilibre d’ici à la fin du quinquennat. Elle assure aujourd’hui que cet objectif sera tenu (lire ci-dessous). La facture énergétique, quant à elle, représente 85 % du déficit, malgré une petite baisse. Zone euro : déficit creusé.

Sur le seul mois de juin, le déficit commercial revient à 4,4 milliards, en net repli par rapport au mois de mai (révisé à - 5,7 milliards) qui avait été mauvais. Mais cette embellie est surtout liée à la baisse des importations (- 2,6 %), ce qui n’est pas forcément bon signe, les exportations repartant faiblement à la hausse (+ 0,5 %). Ce constat est aussi valable pour le semestre : les importations chutent de 3,1 %, les exportations reculent de 1,2 %. La conjoncture dégradée en début d’année en zone euro (qui absorbe les deux tiers des exportations françaises) a pesé lourd : les exportations vers l’Europe reculent de 2,3 % sur six mois et le déficit commercial avec cette zone se creuse de 1,6 milliard. La France voit en revanche son solde commercial s’améliorer par rapport à presque toutes les autres zones géographiques, même avec l’Afrique, où la concurrence de la Chine lui a pourtant coûté des parts de marché. L’excédent commercial avec le Proche et Moyen-Orient a doublé pour atteindre 2,2 milliards sur six mois et les exportations vers l’Amérique latine enregistrent une forte croissance de 14 %, pour un excédent total de 1,4 milliard.

Au niveau sectoriel, l’aéronautique dégage un excédent semestriel de 9,2 milliards (+ 20 %), devant l’agroalimentaire (6,2 milliards, + 6 %) et la pharmacie (2,3 milliards). Ils contribuent fortement à l’amélioration du solde. A contrario, le déficit de l’automobile s’est envolé de 60 % (à 2,6 milliards) et celui des produits métalliques et métallurgiques de 14 % (à 3 milliards), toujours en raison des difficultés de la zone euro. Le déficit sectoriel le plus important (hors énergie) reste celui des biens d’équipement, matériels électriques et informatiques (9,9 milliards