Il y a 48 millions de chômeurs dans les pays riches de l’OCDE

, par Michel DECAYEUX

Le Figaro / Le Parisien 17.07

C’est presque 16 millions de plus qu’en 2007, pour un taux global de 8 %. L’OCDE lance un message d’alarme pour éviter une crise sociale. L’OCDE lance un message d’alarme sur le niveau du chômage, qui reste élevé dans de nombreux pays, et les risques sociaux de plus en plus criants, en particulier chez les jeunes. En avril 2013, plus de 48 millions de personnes étaient sans travail dans le club des pays riches, soit presque 16 millions de plus qu’en 2007, pour un taux global de 8 %. À noter qu’il y a un net décrochage entre des États qui vont connaître une embellie, comme les États-Unis et l’Allemagne, en Europe, et d’autres, en particulier dans la zone euro, où le chômage bat des records. D’ici à la fin de 2014, le taux atteindra 12,3 % pour les Dix-Sept, contre 12,2 % aujourd’hui. Il montera à 18,5 % au Portugal, 27,2 % en Espagne et 28,2 % en Grèce. « Le grand défi est de répondre à cette situation d’urgence en Europe », insiste Stefano Scarpetta, directeur de la division emploi et affaires sociales de l’organisation internationale. L’expert s’inquiète de la « fragilisation du tissu social » et de « l’inégalité croissante des revenus ». Comme le souligne l’organisation, le chômage des jeunes se situe à « des niveaux sans précédent » dans l’Europe du Sud, à plus de 60 % en Grèce et 55 % en Espagne. Le plan adopté par l’Union européenne, qui prévoit la mise en place d’une garantie jeunesse, est une bonne chose, surtout le déblocage de ressources financières dès 2014. En attendant le retour de la croissance, seule voie durable pour faire chuter le chômage, les États doivent dégager des ressources pour soutenir les plus vulnérables. Et ce, malgré des contextes budgétaires de plus en plus contraints. L’OCDE note que les dépenses consacrées aux chômeurs ont nettement diminué depuis le début de la crise, de près de 20 % en moyenne par chômeur. « Il faut faire plus avec moins » « Il faut faire plus avec moins », résume Stefano Scarpetta, en combinant mesures sociales ciblées et politiques d’activation. L’organisation préconise de renforcer les systèmes de revenu minimum garanti, en le conditionnant à une participation sur le marché du travail. Cela suppose d’améliorer les dispositifs de recherche d’emploi et de formation. Enfin, il faut poursuivre les réformes engagées sur les marchés du travail. Une note d’optimisme, relève Stefano Scarpetta, des « signaux positifs commencent à se faire sentir en Espagne, où des entreprises sont prêtes à embaucher en CDI ».

Les régions et l’emploi . Le Midi-Pyrénées, région qui résiste le mieux au chômage

En 2012, en métropole, 6 régions sur 22 ont vu l’emploi progresser. Une exception dans un pays où le taux de chômage pourrait dépasser les11 % l’an prochain. L’an dernier a été catastrophique pour les demandeurs d’emploi. Les records ont littéralement explosé : 3 millions de chômeurs, un saut de 10% du nombre des nouveaux inscrits sur un an… Pourtant, dans le secteur privé, l’emploi est resté globalement stable, avec 17,9 millions de salariés, soit le niveau de 2011. Pas assez néanmoins, pour absorber les nouveaux arrivant sur le marché du travail et contenir l’envolée du chômage. Le jeu de balance entre le total des créations d’emplois et celui des destructions est resté à l’équilibre, du moins au plan national. Mais d’une région à l’autre, la situation est des plus contrastée.