Un CDI pour (quelques) intérimaires

, par Michel DECAYEUX

11 et 12 juillet 2013 AFP / La Tribune /Libération / Le Parisien

Syndicats et patrons s’entendent sur la création d’un CDI dans l’intérim le 11 juillet 2013 AFP Un accord a été trouvé, jeudi 11 juillet, entre le patronat de l’intérim et trois syndicats (CFDT, CFTC et CFE-CGC) pour donner la possibilité à une minorité d’intérimaires d’accéder à un contrat à durée indéterminée (CDI).

Après cinq mois de négociations difficiles, un accord a été trouvé ce jeudi 11 juillet entre le patronat de l’intérim et trois syndicats (CFDT, CFTC et CFE-CGC) pour permettre à certains intérimaires d’accéder à un contrat à durée déterminée (CDI), ont indiqué les négociateurs à l’AFP.

20 000 SALARIES CONCERNES AU COUS DES TROIS PROCHAINES ANNEES Dans le détail, les agences d’intérim, représentées par Prisme (Professionnels de l’intérim, services et métiers de l’emploi), s’engagent à ce que ce nouveau contrat de travail soit signé d’ici trois ans par 20 000 salariés, aux profils les plus recherchés parmi les 2 millions de personnes passant chaque année par l’intérim. La CGT et FO ont refusé de signer l’accord, ont précisé les négociateurs à l’AFP. Les deux syndicats non signataires soulignent que "l’enjeu financier est largement favorable" aux agences d’intérim.

Pour entrer en application, l’accord doit encore faire l’objet d’un arrêté du ministère du Travail, qui jugera si le Code du travail doit être modifié.

UN MOYEN D’ECHAPPER AUX COTISATIONS CHOMAGE ALOURDIES

S’il est validé, cet accord doit permettre aux agences d’intérim d’échapper au renchérissement des cotisations chômage sur certains contrats courts. Une hausse entrée en vigueur au 1er juillet et qui leur aurait coûté au minima 200 millions. Quant aux salariés en intérim, employés en CDI par les agences, ils ne vivront plus l’incertitude de savoir s’ils retrouveront vite une nouvelle mission et peuvent espérer un accès plus facile au crédit et au logement, expliquent les signataires de l’accord.

L’accord prévoit également d’augmenter la durée d’emploi de certains intérimaires en contrat classique. Les agences s’engagent ainsi sur 40 heures supplémentaires par an pour les 80 000 salariés qui travaillent 800 heures sur l’année (4 mois). Pour les agences, un effort financier estimé entre 60 à 70 millions d’euros.

UN "MARCHE DE DUPES" POUR LA CGT

Pour la CFDT, "les objectifs de sécurisation sont remplis". Le syndicat salue en outre l’importance de cet "aboutissement dans une période difficile pour l’emploi". En revanche, pour la CGT, cet accord est un "marché de dupes" car "déjà plus de 20 000 salariés intérimaires travaillent à plein temps" et rien ne sera fait pour "les intérimaires totalement précarisés", alors que plus d’un intérimaire sur deux est en mission moins de 1,6 mois dans l’année.

Le CDI proposé est "au rabais" et "précaire" et les salariés qui l’accepteront "perdront de l’argent", estime pour sa part FO. Les deux syndicats non signataires soulignent qu’avec cet accord "l’enjeu financier est largement favorable" pour les agences d’intérim.

Un CDI pour (quelques) intérimaires

Un graal le CDI ? Convoité par beaucoup, ce type de contrat de travail sera bientôt accessible à une petite part d’intérimaire, aux profils recherchés. Trois syndicats - la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC- et le patronat ont conclu jeudi 11 juillet un accord en ce sens Au terme cinq mois de négociations tendues, les agences d’intérim, représentées par l’organisme patronal Prism’emploi, se sont engagées à ce que ce nouveau CDI soit signé d’ici trois ans par 20.000 salariés. Cet objectif représente moins de 5% des quelque 500.000 équivalents temps plein recensés début 2013, sur 2 millions de personnes passant chaque année par l’intérim.

Au final, sur les 6 millions de personnes qui passeront par l’intérim d’ici mi-2016, 0,33% environ sont donc susceptibles d’obtenir la signature d’un CDI. Une faible minorité.

Un CDI "au rabais" d’après FO

C’est la raison pour laquelle deux autres syndicats - FO et la CGT- n’ont pas signé l’accord. Pour eux, "le compte n’y est pas". Pour la CGT, cet accord est un "marché de dupes" car "déjà plus de 20.000 salariés intérimaires travaillent à plein temps" et rien ne sera fait pour "les intérimaires totalement précarisés".

Le CDI proposé est "au rabais" et "précaire" et les salariés qui l’accepteraient "perdront de l’argent", estime pour sa part FO. Surtout, ils soulignent que les agences d’intérim y sont gagnantes, le bilan financier étant "largement favorable" pour elles. En effet, la signature de cet accord permet aux agences d’échapper au renchérissement des cotisations chômage prévu pour les contrats courts par la loi sur la sécurisation de l’emploi, et entré en vigueur pour certains CDD au 1er juillet. Il leur aurait coûté a minima 200 millions d’euros.

Pour François, charpentier-tôlier dans la réparation navale installé près de Nantes et interrogé par l’AFP, avec le CDI, "peu d’intérimaires y trouveront leur compte financièrement". "Mais, à 58 ans, ça devient de plus en plus difficile de trouver des missions", consent-il. Avant de pouvoir être appliqué, l’accord doit encore faire l’objet d’un arrêté du ministère du Travail, qui jugera si le Code du travail doit être modifié ou pas.

Les "mercenaires" de l’intérim bientôt autorisés à signer des CDI ?

Pour les deux syndicats (FO et CGT) ayant refusé ce CDI intérimaire, le nombre de personnes visées est insuffisant. Ils estiment que les “équivalents temps pleins“ sont bien plus nombreux que les 20.000 “mercenaires“ ciblées par l’accord. La CGT les chiffre à 500.000. Ce dernier devra faire l’objet arrêté du ministère du Travail, qui jugera si le Code du travail doit être modifié, pour entrer en application.