Retraites : FORCE OUVRIERE PREND POSITION

, par Michel DECAYEUX

Invité sur France Info le 21 juin, Jean Claude Mailly a indiqué que pour FO, il y a trois lignes rouges à ne pas franchir : > - les durées de cotisations, > - les différences entre le privé et le public, > - faire pression sur les retraités, de plus en plus mis à contribution. Trois lignes rouges que le rapport Moreau remis la semaine dernière au gouvernement propose de franchir allègrement.

Il est évident que comme en 1995, 2003 et 2010, il sera nécessaire de se mobiliser pour empêcher les nouveaux reculs sociaux que nous impose le gouvernement sur ordre de Bruxelles et de la finance internationale.

Retraites : aucun recul de nos droits n’est acceptable !

Une nouvelle fois le gouvernement envisage une contre-réforme des retraites pour réduire nos droits. Soyons clairs, c’est une soumission aux exigences de l’Union Européenne : en échange du « délai » pour ne pas dépasser les sacro-saints 3% de déficits publics, Bruxelles somme Paris de réformer les régime de retraite, et le gouvernement français s’exécute, pour le plus grand plaisir du MEDEF.

Pour FO, aucun recul des droits des salariés n’est acceptable. Si le gouvernement s’entête en sortant son projet de loi en septembre, FO prendra ses responsabilités, y compris en appelant à la grève.

Déficit des retraites ?

Les experts annoncent un déficit des retraites de 20 milliards en 2020. Mais la crise économique n’est pas une fatalité, c’est celle du système capitaliste. Voici d’autres chiffres, que l’on ne vous cite pas

• 200 milliards € par an d’aides publiques sont versés aux entreprises chaque année (dont 32 milliards d’exonérations de cotisations)

• 52 milliards €, ce sont les profits en 2012 des seules entreprises du CAC 40 (les 40 plus riches ) Salaires - emploi - retraites tout est lié ! Plus de chômage, moins de pouvoir d’achat, c’est moins d’argent pour les retraites .

• 1% d’augmentation des salaires, c’est 2,5 milliards en plus pour les retraites ;

• 100 000 chômeurs de moins c’est 360 millions. Les salariés ne sont pas responsables des licenciements et de la rigueur salariale : ce sont les patrons et le gouvernement ! Le salariés n’ont pas à payer - sur leurs droits à la retraite - un déficit fabriqué au profit des banques !

Allonger la durée de cotisation ?

Une fois de plus, il est question de reculer la durée de cotisation. Le chiffre de 45 ans pour une retraite à taux plein est avancé. Pour une année de cotisation manquante, le montant de la retraite est amputé de 6,5%.

Ceux qui n’auront pas toutes leurs annuités à 62 ans partiront avec une retraite de misère ou devront partir à 65, 70, 75 ans. C’est le retour de "la retraite des morts". Aucun trimestre de cotisation supplémentaire n’est acceptable ! Au contraire, il faut réduire cette durée pour revenir, dès que cela sera possible, au 37 ans et demi de cotisation.

Faire payer les retraités ?

Le gouvernement voudrait aussi imposer la réduction du pouvoir d’achat des retraités :

• désindexation du calcul des retraites sur les prix

• Remise en cause d’avantages fiscaux

• Augmentation de la CSG Déjà, de plus en plus de retraités sont obligés de travailler pour vivre dignement, demain ce serait la misère totale ! Pas touche au pouvoir d’achat des retraités ! Maintien de l’indexation des retraites sur les prix !

Plus d’équité ?

Le gouvernement (comme ses prédécesseurs) veut opposer les salariés les uns aux autres, en montrant du doigt les prétendus « privilèges » des fonctionnaires. Les modes de calcul sont différents, les droits sont équivalents : Public ou privé, le montant de la retraite est autour de 70% de l’ancien salaire. Le système des retraites du public ne coûte rien aux caisses du privé :

• les retraites des fonctionnaires d’Etat sont payées sur le budget de l’Etat, annoncer un déficit à cause des pensions civiles est un honteux mensonge puisqu’il n’ y a pas de caisse de retraite pour les fonctionnaires de l’Etat !

• les territoriaux et hospitaliers ont une caisse spéciale (la CNRACL) qui reverse même chaque année plusieurs millions aux caisses de retraite de salariés et de non salariés (les curés, par exemple, ou les professions libérales). La CNRCAL N’A JAMAIS ETE DEFICITAIRE ! Là encore, les gouvernements qui se succèdent se vautrent dans le mensonge.

Aucune remise en cause du code des pensions ciiles et militaires et de la CNRACL ! Maintien du calcul sur les 6 derniers mois dans le public ! Retour aux 10 meilleures années dans le privé !