Les techniques du vitrail enseignées à l’abbaye du Moncel

, par Michel DECAYEUX

le 29 avril 2013 le courrier picard

Deux nouveaux vitraux ont été conçus et réalisés, lors des ateliers initiés par le Club du Vieux Manoir. Ils seront mis en baies dans la nef de l’église de Montlognon

Ils éclaireront la nef d’une lumière nouvelle. Deux vitraux, « dont un double », seront mis en baies, probablement au début du mois de juin, dans la petite église Sainte-Geneviève de Montlognon.

Assemblages précis alliant verres colorés et plomb, ces panneaux, l’un roman, l’autre gothique, ont entièrement été conçus sur plan puis minutieusement fabriqués lors des ateliers organisés par le Club du Vieux Manoir, une association ayant en charge la restauration d’une trentaine de monuments patrimoniaux répartis sur toute la France. « L’atelier de vitrail de cette saison a débuté au mois de septembre, explique Thérèse Beckelynck, directrice de programmes au Club du Vieux Manoir. En fonction de leurs disponibilités, une vingtaine d’inscrits ont été répartis en deux équipes comprenant des participants aguerris et des néophytes. Tous les quinze jours, ces personnes volontaires se sont relayées vendredis et samedis pour mener à bien la réalisation des deux vitraux. »

Deux équipes soudées par la même passion du patrimoine et dont les membres perpétuent, dans la convivialité et la bonne humeur, « les valeurs et les traditions ancestrales du compagnonnage : les anciens guident les nouveaux ».

Au fil des semaines, autour des tables de la grande salle de l’abbaye, les artisans se retrouvent puis enchaînent les tâches précises nécessitant savoir-faire, minutie et patience : le dessin des vitraux est tout d’abord tracé à taille réelle sur papier. Vient ensuite la découpe des verres « dont le graphisme et la coloration doivent correspondre parfaitement aux vitraux déjà en place dans l’église ». Pour l’église de Montlognon, ce seront des losanges de trois verts différents rehaussés de bordures ou alternent le jaune, le bleu et le violet.

Les multiples morceaux de verre sont mis en place puis sertis selon le plan dans des gaines de plomb rabattues puis soudées à leurs intersections. « C’est la partie qui nécessite le plus de temps car le montage ne souffre aucune approximation », confie un spécialiste. Cet ouvrage fait maison est ensuite étanchéifié par la pose d’un mastic.

Cette cession 2012-2013 touchera à sa fin après les mises en baies des deux vitraux, elles aussi assurées par les membres de l’atelier. Pour la saison prochaine, le programme est d’ores et déjà prêt. « Il a été établi récemment avec l’architecte des bâtiments de France, annonce Thérèse Beckelynck. Nous réaliserons trois vitraux qui seront installés dans le chœur de l’église Saint-Georges-de-Bray, sur la commune de Rully. »